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Protection des plantes Kreglinger en quête d’une petite place sur le marché français des phytos

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Négoce anversois diversifié dans de nombreuses activités, le groupe Kreglinger a décidé de s’intéresser de plus près aux produits phytos. Avec pour l’instant trois molécules d’origine américaine en poche, l’entreprise vise des marchés de niche.

Quelque 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, un centre administratif partagé entre Anvers et Melbourne, des intérêts dans les cuirs et les peaux de mouton, la logistique, le vin ou l’immobilier… rien ne prédestinait le groupe belge Kreglinger à s’intéresser de près au marché européen des produits phytos. Certes, ce négoce familial s’enorgueillit d’être présent depuis 50 ans sur ce secteur, mais « notre activité relativement modeste se limitait à une culture spécialisée typiquement belge », a expliqué Wim Arnouts, directeur général du groupe, en conférence de presse le 4 novembre à Anvers. En vue de diversifier son portefeuille d’activités et parce que l’évolution de la réglementation européenne ouvrait des opportunités sur certains créneaux spécifiques, Kreglinger a en tout cas décidé depuis deux ans d’aller plus loin dans ce domaine. En février 2009, le groupe a obtenu l’inscription à l’annexe 1 de la directive européenne 91/414/CE de l’Emag, un ester méthylique d’acide gras utilisé comme solvant. Et il cherche à développer l’Antak, utilisé pour l’ébourgeonnement du tabac, ainsi que l’Itcan, employé en pomme de terre comme anti-germinatif et anti-repousse.

Des molécules d’origine américaine
Le dossier ayant été déposé en juin 2009 seulement, l’Antak n’est pas encore inscrit à l’annexe 1, à l’inverse de l’Itcan. Ce produit est toutefois d’ores et déjà homologué en Pologne. Il bénéficie de dérogations en Allemagne, en Belgique et en Suisse. L’Itcan a pour sa part été homologué en Belgique pour la campagne de production 2009. « Pour cette première année de commercialisation, nous avons obtenu 20 à 30 % de parts de marché », indique Anne-Marie Waffelart, responsable du département protection des plantes de Kreglinger. En ce qui concerne la France, l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) devrait rendre son verdict dans les prochaines semaines.
Ces trois molécules n’appartiennent pas à Kreglinger, mais aux groupes américains Drexel Chemical et Cochran. Installée depuis 1797 à Anvers où elle détient le numéro 1 du registre du commerce, la société familiale a longtemps fondé son activité principale sur la revente de laine de mouton, ce qui l’a conduit à côtoyer des chimistes. Et c’est par ce biais que le groupe a fini par entamer un partenariat avec les deux entreprises américaines. L’équipe de Kreglinger dédiée aux produits phytos ne compte pour l’instant que deux personnes. Le groupe souhaite se développer tranquillement sur les marchés belge, français mais aussi allemand et hollandais. Sa stratégie : s’appuyer étroitement sur ses partenaires avec qui il signe des contrats d’exclusivité. A suivre.

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