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Semences KWS lance une gamme de maïs plus tardifs

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Numéro un du maïs en France, le semencier KWS élargit son offre avec des variétés plus tardives. Une stratégie affirmée conjointement avec la coopérative audoise Arterris, le 19 novembre lors de la célébration des 20 ans de Razès Hybrides, leur coentreprise.

«Notre gamme de précocité C2 arrive. On va s’étendre plus au sud de l’Hexagone », a déclaré le directeur général de KWS France Pierre Frantz le 19 novembre à Castelnaudary (Aude). La filiale du semencier allemand a détaillé ses objectifs lors de la célébration des 20 ans de Razès Hybrides, une joint venture avec la coopérative Arterris. Il s’agit d’atteindre 13 à 15 % de parts de marché national en maïs, contre 11 % actuellement. KWS est déjà numéro un de la génétique pour cette espèce, en additionnant les ventes du partenaire Semences de France. Sa croissance est spectaculaire, chiffrée pour les quatre ou cinq dernières années entre 10 et 15 % par an. Des investissements vont l’accompagner.
 
Le spectre d’une délocalisation écarté
Razès Hybrides s’appuie sur le réseau d’Arterris (actionnaire à 49 % de la coentreprise), premier producteur de semences en France avec plus de 1 000 multiplicateurs sur 20 000 ha, dont 6 000 ha en maïs. Sa station d’Alzonne (Aude) investit 450 000 euros en 2013 pour s’équiper dans le traitement et le conditionnement de semences. L’outil tourne à pleine capacité, soit 10 000 tonnes issues de 3 000 ha en maïs. 2,2 M d’euros seront dépensés l’an prochain dans une chaudière à rafles de 7 gigawatts, qui permettra d’économiser 40 % de gaz.
« Arterris va poursuivre son développement dans les semences, en visant des maïs plus tardifs mis au point par KWS », a indiqué le président de la coopérative Jean-François Renoux. Jusqu’ici, Razès Hybrides est surtout orientée vers des variétés précoces, dont 80 % sont exportés vers le Nord de l’UE et l’Europe centrale. « On a craint une délocalisation de la production vers les pays de l’Est, aux coûts de revient bien moins élevés, a-t-il confié, revenant sur les 20 ans d’existence de la joint venture. Aujourd’hui, les semenciers font un virage à 180°, en revenant vers nous. On a des producteurs compétents, un climat propice, des ressources en eau. » L’unité d’Alzonne lance pour les prochains semis un nouveau maïs demi précoce C2, la variété Konfess.
 
50 % de sous-traitance
Cette production est localisée pour moitié sur une autre station de KWS, à Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne). Le site poursuit son développement. 3,5 M d’euros d’investissements sont prévus en 2014, comprenant des capacités de séchage multipliées par deux et 4 000 m2 de stockage supplémentaires. Les surfaces en maïs semences doivent passer de 2 000 ha en 2013 à plus de 2 500 ha l’an prochain. « Nos conditions de production sont favorables, grâce à une grande variété de sols et de climats, a expliqué le directeur de la station Gérald Gaignette. Elles reposent aussi sur un très bon partenariat avec les producteurs. Nos techniciens assurent une forte présence sur le terrain. La semence qui coûte le plus est celle qui n’est pas produite. »
Deuxième semencier en Europe, KWS (chiffre d’affaires : 1,14 Md d’euros) y connaît une forte croissance dans le maïs, dont les ventes ont triplé en treize ans. Cette production concerne plus de 26 000 ha, sur une bande de 600 à 800 km de large entre l’ouest de l’UE et la Russie. « La France demeure un pilier, avec 35 % de notre production, a souligné Karl Sauter, directeur Europe pour le maïs, les oléagineux, le sorgho. Notre stratégie comprend une répartition 50-50 avec la sous-traitance. »

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