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L'« agriculture cellulaire », les produits animaux sans animaux

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Présents au salon des start-up Viva Technologies, les Américains de New Harvest financent des projets de recherche à travers le monde dans le but de développer l’agriculture cellulaire, une agriculture dans laquelle les animaux sont remplacés par des procédés issus du génie tissulaire ou de la biologie synthétique. Les projets les plus avancés portent sur la production de steaks, de protéines de lait ou de blancs d’œufs.

L’ONG américaine New Harvest a présenté son concept d'« agriculture cellulaire », au salon des start-up Viva technologies, qui ouvert ses portes le 30 juin à Paris. Il s’agit d’utiliser les technologies de biologie synthétique ou de génie tissulaire (cultures de cellules, levures OGM…) pour remplacer les animaux dans la production de… produits animaux. « Nous voulons sortir les animaux de la chaîne de production », explique Gilonne D’Origny, directrice développement de cette ONG fondée en 2004, et dont l’activité réside principalement dans le financement de travaux de recherche. La vision de l’ONG est de développer une « bioéconomie post-animale » ; elle a ainsi financé les travaux du chercheur hollandais Mark Post, connu pour son steak in-vitro à 250 000$ présenté en 2013, ou de la start-up californienne Muufri qui produit de la protéine de lait à partir de levures. Le premier utilise les progrès du génie tissulaire en médecine (reconstitution de tissus cardiaques notamment) pour produire du steak à partir de culture cellulaire. D’ailleurs pour l’heure, son procédé utilise toujours des produits animaux, l’albumine de serum bovin, comme milieu de culture, et des recherches sont en cours pour s’en passer. Le deuxième projet, Muufri, se passe déjà complètement des animaux, en utilisant des levures génétiquement modifiées pour transformer du sucre en protéines de lait, via un processus de fermentation ; ce que Gilonne D’Origny appelle « brasser du lait, au lieu de traire du lait ». L’ONG finance également des projets pour produire du blanc d’œuf, du poulet, de la dinde et même… de la corne de rhinocéros.

« Le Tesla de l’alimentation »

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L’ONG présente l’élevage comme une activité nuisible pour l’homme. Pour Gilonne D’Origny, « l’élevage est la principale menace environnementale dans le monde devant le charbon ; c’est la première cause de déforestation, une importante source de gaz à effets de serre ». C’est dans cette perspective que cette jeune institution américaine n’hésite à se comparer à son compatriote Tesla Motors : « Qu’est-ce qui a fait le succès de Tesla ? C’est le sentiment que la voiture est une cause majeure du réchauffement climatique. L’agriculture cellulaire est le Tesla de l’alimentation. Nous voulons proposer des produits qui ne seront plus mortels pour l’environnement, et qui élimineront les risques de contamination bactérienne ou liés aux antibiotiques ».

Brasser du lait au lieu de traire du lait