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Xylella Fastidiosa La bactérie tueuse est arrivée en France

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Après la découverte d'un premier cas positif de Xylella Fastidiosa en Corse du Sud le 22 juillet dernier, les prélèvements, effectués tout l'été sur l'île, ont détecté une quinzaine de plants de polygale à feuille de myrte infectés par la bactérie. Pour autant, aucune plante agricole ne serait touchée pour l'instant. Une réunion d'experts européens devait faire le point le 28 août sur la situation.

La bactérie tueuse qui sévit dans la région des Pouilles (Italie) depuis 2013, a été identifiée dans la commune corse de Propriano le 22 juillet. Un danger pour les agriculteurs français puisqu'à ce jour, aucun moyen d'éradication de la bactérie, transmise par les cicadelles (insectes piqueurs-suceurs), n'a été trouvé.

Au lendemain de la découverte de la bactérie, Stéphane Le Foll annonçait des « mesures d'éradication » (identification et arrachage des végétaux sensibles, restriction des mouvements de végétaux et surveillance officielle intensive). Il annonçait le 29 août le dégagement de moyens supplémentaires pour lutter contre la bactérie par le biais du doublement des effectifs de la Fédération régionale de défenses contre les organismes nuisibles de Corse pour trois mois (100 000€) et d'une « dotation d'urgence » destinée à « déployer les moyens d'analyse et d'investigation nécessaires » (400 000€). Ce dispositif venait s'ajouter aux mesures européennes et nationales prises au printemps dernier, qui visent à l'éradication des foyers et restreignent les importations.

Les prélèvements effectués pendant l'été ont conclu que tous les cas identifiés (une quinzaine au total) toucheraient des polygales à feuille de myrte (arbustes) issus du même lot implanté sur l'île en 2010. Par ailleurs, les analyses de typage ont démontré que la bactérie présente en Corse était issue de la sous-espèce multiplex, différente de pauca qui s'attaque aux oliviers dans les Pouilles. Les opérations de désinsectisation contre la cicadelle se sont poursuivies tout l'été, la préfecture alertant les riverains quasi quotidiennement.

De son côté, la Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes prenait des mesures de précaution en diffusant « plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires » d'un dépliant indiquant la démarche à adopter en cas de détection potentielle de la bactérie sur des végétaux. Serge Graverol, chef du pôle végétal de la Chambre, craignait surtout l'arrivée des touristes corses dans la région, susceptibles de ramener avec eux des végétaux infectés.

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Apaisement

Le 7 août, l'emballement s'apaisait quelque peu et le ministre de l'Agriculture demandait au Préfet de Corse de mettre en place des mesures « proportionnées ».

Au 21 août, Michael Versini, conseiller agroenvironnement pour la Chambre d'agriculture de Haute-Corse, se voulait rassurant : « Aujourd'hui, il n'y a pas de problème sur les plantes agricoles », déclarait-il. Si la présence de la bactérie en Corse ne devrait pas concerner directement les agriculteurs, des conséquences indirectes pourraient cependant apparaître. 45% du territoire de la Haute-Corse sont sous le coup d'une interdiction de déplacer certaines plantes comme les oliviers ou les arbres fruitiers, indique Michael Versini. Dans ces conditions, explique-t-il, « ca va être compliqué pour un jeune (agriculteur, ndlr) qui veut s'installer, car il ne pourra pas déplacer les plants ».