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SGV-Champagne La baisse des exonérations de charges pénalise les vignerons champenois

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Le rabotage des exonérations de charges patronales sur le travail des salariés occasionnels pénalise particulièrement les vignerons champenois, a déclaré à la presse le 2 octobre Pascal Férat, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV-Champagne), à l’occasion du démarrage de la vendange.

En pleine période de vendange, les vignerons champenois voient leurs charges sur le travail saisonnier grimper en flèche. Ils l’ont fait savoir lors d’une rencontre entre Pascal Férat, président du SGV-Champagne, et la presse, le 2 octobre à Dizy et à Vertus, près d’Épernay (Marne). La sensibilité des vignerons champenois aux charges sur le travail saisonnier est d’autant plus exacerbée que cette filière « a fait le choix de la non-mécanisation » de la vendange, a souligné Pascal Férat.
 
Une montée en flèche d’une année sur l’autre
L’abaissement du plafond des exonérations s’applique à partir de 2013. Là où les charges patronales s’élevaient à 457 euros en 2012, elles atteignent 3 345 euros en 2013 pour les mêmes prestations, a calculé le SGV-Champagne. Soit une hausse de 630%. Ces chiffres s’appliquent au cas d’un vigneron qui exploite trois hectares, qui emploie déjà un salarié qualifié à temps complet en CDI, et qui embauche, comme saisonniers, trois salariés en CDD pour les travaux de taille et de feuille, plus dix cueilleurs, deux débardeurs et un aide cuisinier.
Un autre exemple fait apparaître des charges de 6 182 euros en 2013, contre 558 euros l’an dernier pour les mêmes prestations. Soit un décuplement des charges, d’après les calculs du syndicat. Tel est le cas d’un vigneron qui exploite cinq hectares, qui emploie déjà deux salariés qualifiés à temps complet en CDI, et qui embauche, pour ses travaux saisonniers, deux salariés en CDD pour les travaux de feuille, plus 17 cueilleurs, deux débardeurs et un cuisinier.
 
Forte implication sur le dossier « Vin & Société »
La forte baisse des plafonds d’exonération a été décidée au motif que près de 90% des saisonniers français seraient embauchés à un niveau compris entre 1 Smic et 1,25 Smic, précise le SGV-Champagne. Or, « nous avons l’habitude de rémunérer les saisonniers au-delà du Smic. La Champagne est une région dynamique, source de valeur ajoutée, et qui n’a jamais hésité à se plier à des charges et contraintes supplémentaires quand cela va dans le sens du progrès et de l’efficacité », a commenté Pascal Férat.
Par ailleurs, le SGV-Champagne a repris le raisonnement de l’association Vin & Société, face à des projets de mesures restrictives sur la consommation de vin. Vin & Société demande au Premier ministre l’ouverture d’un dialogue pour qu’une politique de la santé publique ne soit pas décidée sans les filières vitivinicoles (voir aussi dans ce numéro). « Nous sommes parmi les plus importants contributeurs » de l’association, a-t-il souligné, pour expliquer la forte implication du syndicat sur ce dossier.

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