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La baisse des surfaces de blé dur se confirme

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Affecté par la pluie, le blé dur continue de perdre des surfaces, a confirmé la Journée filière le 4 février à Aix-en-Provence, soulignant l’échec du plan de relance d’il y a cinq ans.

Arvalis publie une estimation au 15 janvier à 240 000 hectares de blé dur (-4 %), soit une chute ininterrompue après le sursaut de 2016. Cette baisse apparaît toutefois moins sévère par rapport aux 225 000 hectares prévus le 1er décembre par le ministère de l’Agriculture. Il s’agira des « plus faibles surfaces depuis 20/25 ans », annonce Matthieu Killmayer, animateur de la filière du blé dur chez Arvalis.

Un potentiel de rendement entamé

L’Ouest Océan est le plus en retrait à 40 000 hectares (-25 %), devant le Sud-Est à 40 000 hectares (-5 %) quand le Sud-Ouest se stabilise à 77 000 hectares, et le Centre progresse à 73 000 hectares (+10 %). « Le potentiel de rendement est entamé d’au moins 20 % » compte tenu des surfaces encore à semer, affirme Edouard Cavalier, président de l’Association blé dur développement. Arvalis table sur 52,3 q/ha en moyenne, soit une production de 1,26 million de tonnes (contre 1,54 million de tonnes en 2019).

Pour expliquer le recul spectaculaire des surfaces en zone Méditerranée, « -40 000 hectares en trois ans », Edouard Cavalier cite la suppression d’aides couplées de la Pac. « Des agriculteurs proches de la retraite préfèrent ne rien semer : ils touchent quand même leur DPB » (droit au paiement de base), indique-t-il. Les aléas climatiques sont aussi en cause, avec successivement des fortes sécheresses et des épisodes cévenols caractérisés par des pluies intenses. Autre critère en jeu, un manque de rentabilité car la région montre un potentiel de rendement limité, autour de 35q/ha.

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A la recherche de création de valeur

Face au constat d’un blé dur en Paca affichant des surfaces à « -40 % en dix ans », la Région Sud met en avant son Plan de filière grandes cultures, autour notamment de la structuration des filières et la création de valeur. Reste à savoir si une telle démarche régionale a plus de chance de succès que la tentative, en 2015, d’une relance nationale initiée par toute la filière. Il s’agissait à l’époque d’atteindre 3 à 3,5 millions de tonnes de blé dur en France à l’horizon 2020 ou 2025.

Le lancement au prochain Sia d’une baguette régionale, « Lo pan d’ici », pourrait inspirer la filière blé dur, suggère Edouard Cavalier. Plus en amont, Stéphane Jézéquel (Arvalis) note une initiative de la Safer Paca pour remettre en culture des surfaces perdues : l’application de cartographie collaborative Open friche map permet de recenser les terres en friche. « Des solutions existent pour remettre les terres en culture, sans trop de contraintes pour le propriétaire, avance-t-il. Soit en faisant appel à un entrepreneur, qui peut intervenir à moindre coût, vu son matériel, sa technicité. Soit par l’intermédiaire d’un agriculteur à proximité, désireux là encore d’étendre ses surfaces. »

Une récolte 2020 marquée les « plus faibles surfaces depuis 20/25 ans »