Les exportations françaises de viande de volaille ont de nouveau chuté, à - 7 %. Ce repli a touché toutes les espèces, à l’exception du canard, et l’ensemble des segments, notamment celui des préparations. La dinde en particulier, en proie à une baisse de la consommation, à connu dans le même temps une poussée des importations.
Dans un contexte de stabilisation de la consommation, la production française de volaille a continué son érosion en 2004. Bien que la baisse se soit ralentie l’an dernier (- 2 %) comparé aux années précédentes (- 5,4 % en 2004 et - 5,8 % en 2005), elle a atteint - 13 % (- 290 000 tec) en l’espace de trois ans, retrouvant ainsi son niveau d’il y a 10 ans. Le recul enregistré en 2004 est surtout imputable au poulet de chair, dont la production a chuté de 3 % du fait d’un fort repli des abattages au second semestre, qui s’est poursuivi en janvier (- 5,7 %). Tandis que les productions de dinde (+0,5 %) et de canard (- 0,6 %) se sont maintenues, celle de pintade a de nouveau enregistré une baisse de 2,3 % après deux années de fortes chutes. Les abattages de dindes ont par contre accusé une forte baisse en janvier, à - 8,7 %.
Recul des exportations
Sur l’année 2004, les exportations françaises de viande de volaille (764 200 tec) ont chuté de 7 % (53 300 tec). Ce repli a touché toutes les espèces, à l’exception du canard, et l’ensemble des segments, notamment celui des préparations, d’après les données de l’OFIVAL. La France a perdu des parts de marché sur un grand nombre de destinations. Les expéditions vers les pays de l’Union à 15 ont sensiblement diminué
(- 8,3 %, - 35 000 tec), en particulier vers l’Allemagne (- 13 %) et le Royaume-Uni (- 15 %). Les expéditions vers les pays tiers ont souffert d’un repli équivalent (- 8 %, - 32 000 tec), essentiellement à destination de la Russie (- 25 000 tec) où les exportateurs ont été confrontées au contingentement des importations russes. Les exportations de poulets entiers vers les pays du Proche et Moyen Orient ont quant à elles enregistré un nouveau recul de 3 % environ. Seules les ventes en Italie se sont sensiblement développées (+ 11 000 tec) tout comme dans les nouveaux Etats membres (+ 10 000 tec), où les volumes ont doublé.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La dinde confirme la tendance
Cette tendance se vérifie en particulier pour la dinde, dont la consommation s’est fortement érodé (- 5,2 % en 2004 selon TNS Secodip). Ainsi la baisse des exportations de viandes de dinde enregistrée depuis 1998 s’est poursuivie en 2004, à un rythme plus ralenti à 239 116 tonnes (- 8 %) pour un chiffre d’affaires de 378 millions d’euros (- 1,5 %). Les viandes de dinde fraîches ont représenté 45 % des volumes exportés et 64 % du chiffre d’affaires, contre respectivement 53 % et 30 % seulement pour les produits congelés. Avec 61 % des volumes et 83 % du chiffre d’affaires, l’Union européenne constitue le principal débouché de la dinde française, les produits réfrigérés et les préparations y constituant 75 % des volumes et 80 % du chiffre d’affaires. Malgré une baisse des ventes des produits français outre-Rhin, concurrencés par les marchandises originaires de Pologne, de Hongrie et du Brésil, l’Allemagne est toujours le premier contributeur au chiffre d’affaires export (23 %). Même phénomène en Belgique, où la bonne implantation des produits français en GMS leur permet malgré tout de résister. Troisième client de la France, l’Espagne à quant à elle réduit ses achats aussi bien en volume (- 9 %) qu’en valeur (- 7 %).
Aggravant un peu plus le bilan, les importations de viandes de dinde ont dans le même temps connu une très forte progression, « irréversible » selon le Cidef. Elles ont doublé, à 24 657 tonnes, principalement en provenance de trois pays : l’Allemagne, le Brésil et l’Italie, sous forme de préparation pour les deux premiers et de viande fraîche pour le troisième. Pour la première fois, le solde du commerce extérieur pour les préparations est d’ailleurs devenu déficitaire.