L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) se battra contre la banalisation des pommes de terre par la grande distribution. Son président, Patrick Trillon, a indiqué le 28 janvier lors d’une conférence de presse d’annonce du congrès de l’UNPT le 12 février à Lille, que les promotions à des prix quatre fois moins élevés que les prix habituels sont « suicidaires » pour toute la filière.
«Il faut faire en sorte que la pomme de terre ne soit plus banalisée par la grande distribution », a déclaré Patrick Trillon, président de l’UNPT, à deux semaines de son congrès, qui se tiendra le 12 février à Lille. « Nous avons vu des promotions à des prix débiles qui ne rémunèrent ni les producteurs, ni les transporteurs, ni les metteurs en marché ». Exemple cité, celui de pommes de terre vendues à moins de deux euros les dix kilos dès le début de la campagne, soit l’équivalent de 20 centimes le kilo.
L’amélioration de l’image est en cours
De telles quantités, mal stockées, verdissent, laissant un souvenir négatif au consommateur. « Ces prix ne correspondent à rien, le consommateur ne s’y retrouve plus, et il n’est pas plus satisfait », a commenté le président de l’UNPT. Les prix habituels sont de l’ordre de 80 centimes le kilo au consommateur.
L’UNPT est en train de travailler avec l’interprofession (CNIPT) l’image de la pomme de terre, pour construire une échelle de prix en fonction des différents usages, rémunérant à la fois les opérateurs et satisfaisant les consommateurs, a indiqué son directeur, Martin Mascré. En tout état de cause, une image de produit basique est défavorable à la pomme de terre, et il n’est pas question d’en faire un « produit d’appel », comme autrefois le sac de charbon à l’entrée des magasins, a ajouté Patrick Trillon. En revanche, elle peut se prévaloir d’être un aliment abordable, car même bien au-delà d’un euro le kilo, elle reste un produit bon marché par rapport à l’ensemble des produits alimentaires, indique-t-on à l’UNPT.
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L’exportation toujours dynamique, mais moins rémunératrice
L’exportation française de pommes de terre (non transformée) reste toujours dynamique, mais est moins rémunératrice depuis un an ou deux.
Elle devrait se maintenir à plus d’un million et demi de tonnes. Elle pourrait atteindre 1,6 million de tonnes en 2008/09, selon Martin Mascré. Durant la campagne 2007/08, la France a exporté 1 720 000 tonnes de pommes de terre, et durant la campagne 2006/07 elle en a exporté 1 850 000 tonnes.
Mais les responsables de l’UNPT notent que depuis deux ans, les pays acheteurs (Espagne, Portugal, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, Russie) négocient les prix à la baisse. « Jusque là, nous arrivions à vendre plus cher que nos voisins », a indiqué Bertrand Ouillon, directeur adjoint. « Les Français parvenaient généralement à bien valoriser leurs exportations en vendant durant la seconde moitié de campagne, grâce à leurs investissements en bâtiments de stockage », a expliqué Martin Mascré. Les professionnels ne savent pas encore si ce décrochage des prix de l’export français est passager ou s’il est durable.