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Vin La bannière « Malbec de France » dynamise le Cahors

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En jouant sur le nom de son cépage, le malbec, l’interprofession du vin de Cahors a réussi à relancer ses exportations. Elle espère en tirer partie pour faire monter en gamme son offre en France.

Les vignerons et négociants en vin de Cahors, en plein marasme économique et identitaire il y a cinq ans, reprennent espoir depuis qu’ils sont passés à l’offensive internationale sous la bannière de leur cépage emblématique, le malbec.
« Nous sommes le seul vignoble de France à avoir progressé en 2009 à l’exportation, de 5,2% en volume et de 6% en valeur, avec une hausse de 29% aux Etats-Unis », a souligné le coprésident de l’union interprofessionnelle du vin de Cahors (UIVC) Alain Janicot, à l’occasion des « deuxièmes journées internationales du malbec » (21-23 mai).
La part des exportations approche désormais 20% et le directeur du marketing Jérémy Arnaud vise les 30% d’ici à deux ans, en ciblant le milieu de gamme (de 7 à 15 euros la bouteille) avec une nouvelle bouteille, gravée « Cahors malbec ».
Ce cépage historiquement français a connu ses plus grands succès en Argentine (71% de la production mondiale, contre 11% à Cahors) et l’UIVC a exploité cette parenté. Cahors, l’une des seules AOC françaises quasiment monocépages (le malbec y entre en moyenne pour 85%), a ainsi épousé la tendance mondiale identifiant les vins par le cépage.

Chute des ventes en 2002
En 2002, l’interprofession a explosé quand le président de l’époque a été mis en minorité sur un projet de hiérarchisation de l’appellation Cahors en crus, impliquant le déclassement de 15% environ des 4 500 hectares de ce petit vignoble. Les ventes se sont alors effondrées de 240 000 à 170 000 hl, l’image du Cahors souffrant d’une offre abondante de vin médiocre bradé en grandes surfaces. La surface du vignoble avait décuplé depuis l’attribution de l’AOC en 1971. Il a fallu deux ans pour relancer l’interprofession, quatre ans pour adopter le « plan stratégique » de 2006, visant à mieux valoriser le Cahors en France et à effectuer un bond à l’international, qui ne représentait que 8% des ventes en 2002, selon Alain Janicot.
Sur le marché intérieur, l’UIVC souhaite relancer, mais « avec plus de pédagogie » envers les vignerons, son projet de « repositionnement » vers le haut de gamme. Si certains vignerons craignent « la pression constante des grandes surfaces sur les prix », l’UIVC mise sur ses succès à l’exportation pour « convaincre la grande distribution qu’on peut sortir le Cahors des bas de gondole premier prix ».

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