La bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) « démarrera à l’été 2018 », a confirmé le 8 février le p.-d.g. de Total Patrick Pouyanné, malgré un vote du Parlement européen en vue d’interdire l’huile de palme dans les biocarburants.
« Ce projet va se faire, les autorités françaises au plus haut niveau de l’État le soutiennent », a assuré lors d’une conférence de presse Patrick Pouyanné. « L’unité démarrera à l’été 2018 et bien évidemment en respectant les règles », a-t-il ajouté.
Total avait lancé en 2015 un projet de transformation de sa raffinerie de la Mède, alors déficitaire. Le groupe a cessé d’y raffiner du pétrole brut et l’a convertie au prix d’un investissement de 275 millions d’euros, y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formation et bientôt une bioraffinerie. Cette dernière doit utiliser de 60 à 70 % d’huiles végétales (soja, colza, tournesol, maïs, palme) et de 30 à 40 % d’huiles alimentaires usagées (huile de friture) et d’huiles résiduelles (graisse animale, huiles issues de l’industrie papetière ou résidus de palme…).
Levée de boucliers
Les producteurs d’oléoprotéagineux sont montés au créneau, craignant de voir le colza enregistrer « une perte de surface de l’ordre de 400 000 ha (- 27 %) ». Saipol, en annonçant une baisse de son activité d’estérification et de trituration à compter de février 2018, pointe un développement sur le marché européen des huiles végétales hydrotraitées (HVO) pour le biodiesel qui « s’accélère, favorisé par le développement des importations à moindre coût d’huile de palme ».
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Pour leur part, des associations de défense de l’environnement se sont inquiétées de l’approvisionnement en huile de palme, dont la production en Malaisie et Indonésie entraîne selon elles une déforestation fragilisant l’écosystème et menaçant les populations de rhinocéros, orangs-outans et tigres. Les députés européens ont aussi voté en janvier pour une suppression progressive de l’huile de palme dans les biocarburants d’ici 2021. Ce vote, qui n’est pas contraignant, doit maintenant faire l’objet d’une négociation avec le Conseil européen et la Commission.
Total a de son côté souligné que les huiles végétales utilisées seraient certifiées durables. « Si à la fin on ne fait que réglementer des unités européennes et qu’on laisse le biodiesel des autres pays rentrer sans avoir les mêmes contraintes, il ne faudra pas nous expliquer qu’on a besoin d’une politique industrielle européenne », a commenté Patrick Pouyanné. « L’Europe laisse rentrer du biodiesel de soja argentin qui est subventionné », a poursuivi le dirigeant.
« L’Europe laisse rentrer du biodiesel de soja argentin qui est subventionné »