En difficulté ces dernières années et affectée par la pandémie, Biscuiterie Jeannette compte néanmoins renouer avec la rentabilité dès cette année. Tout en poursuivant l’élargissement de sa gamme, la société veut conforter ses positions sur le marché français.
L’année 2020 aura été compliquée pour la biscuiterie Jeannette. Alors qu’il venait de sauver l’entreprise du dépôt de bilan moins de six mois auparavant, le nouveau p.-d.g., André Réol, a dû gérer une crise sanitaire et un arrêt de la production pendant le premier confinement. Résultat, un chiffre d’affaires 2020 en chute de 10 % sur un an. Depuis, la production a repris son cours et l’année 2021 s’annonce prometteuse, avec « un objectif de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires », indique Benoît Martinet, le directeur commercial de la biscuiterie. D’après lui, si l’entreprise continue sur sa lancée pendant la période des fêtes, qui représente 40 à 45 % de son activité annuelle, elle devrait même renouer avec la rentabilité « dès cette année ». Aujourd’hui, Biscuiterie Jeannette compte 25 salariés à plein temps et produit 70 à 100 tonnes de madeleines chaque mois. Pour le directeur commercial, le plus dur est derrière eux et il vise même un doublement des effectifs et du chiffre d’affaires actuels d’ici 2023. « Nous faisons tout pour que Jeannette vive et vole de ses propres ailes. »
La biscuiterie fondée en 1850 revient de loin. Alors en liquidation judiciaire, la société est reprise par Georges Viana en 2015, avec l’aide d’une forte mobilisation des salariés. Le soutien d’environ 150 investisseurs lui permet de recueillir plus de 500 000 euros et de relancer l’entreprise. Mais en 2019, Jeannette est à nouveau au bord du dépôt de bilan. C’est le Caennais André Réol, déjà actionnaire, qui reprend les rênes. Aujourd’hui, il contrôle 84 % du capital, le reste étant détenu par la Biscuiterie de l’Abbaye et la holding réunissant les investisseurs de 2015.
Des clients « fidèles et exigeants »
Ouvert en 2018, le magasin situé à l’entrée du site de Colombelles, près de Caen, ne désemplit pas. Une boutique qui avec le site internet compte aujourd’hui pour environ la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise. Le reste de la production prend la route des épiceries fines et de quelques grandes surfaces, loin du modèle en vigueur avant la reprise. « Nous travaillons peu avec la grande distribution, car c’est ce qui a entraîné la faillite de Jeannette dans les années quatre-vingt-dix », souligne Benoît Martinet, « Je me suis fixé un seuil de 25 % à ne pas dépasser avec la grande distribution. »
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L’entreprise continue d’élargir sa gamme, toujours « à base de pâte jaune », avec le souci de « privilégier la qualité par rapport à la quantité ». Renommée pour ses madeleines, la biscuiterie le sera désormais aussi pour ses financiers, lancés en juin et déclinés en cinq parfums différents. Et en octobre, les cakes feront leur entrée dans la boutique. Benoît Martinet veut « continuer à faire des économies d’échelle afin de rendre nos madeleines accessibles à tous ».
La prochaine étape de développement sera de conquérir des marchés en France et dans le monde. Déjà présente dans quelques pays d’Europe et au Canada, la madeleine de Jeannette a tous les atouts pour briller à l’étranger. Même s’il évoque des projets aux États-Unis, voire à Dubaï, pas question de se précipiter : « Je préfère que l’on se concentre sur le marché français pour devenir les meilleurs chez nous et on verra pour la suite », confie Benoît Martinet.