Abonné

Vendanges / Distillation La bonne récolte 2005 fait exploser les stocks de la filière viticole

- - 3 min

Malgré une récolte de vins d’excellente qualité, en baisse par rapport aux vendanges 2004, l’horizon de la filière viticole française ne s’éclaircit guère. Les 53,5 millions d’hectolitres vendangés, dont 23,8 millions de vins d’appellation, font monter le niveau des stocks de début de campagne à 40 millions d’hectolitres, supérieurs de près de 25 % à ceux de la campagne précédente au même moment. Alors que le Conseil de direction de l’Office national interprofessionnel des vins a d’ores et déjà décidé une « mise en réserve » d’une partie des vins de pays, une nouvelle demande « d’autorisation de distillation » sera adressée à Bruxelles pour assainir les marchés.

Malgré un bilan positif de la récolte de vins 2005, la situation structurelle de la filière viticole française reste plus que jamais problématique. Avec 53,5 millions d’hectolitres produits, soit une baisse de 9,1 % par rapport à l’an passé, 2005 restera « une bonne année, un peu supérieure à la moyenne des récoltes des dernières années, avec des vins de qualité meilleure » comme l’a annoncé à la presse le 27 octobre Philippe de Guénin, directeur général de l’Office national interprofessionnel des vins (Onivins). La récolte 2005 devrait ainsi se répartir en 23,5 millions d’hectolitres de vins d’appellation (-7,7 %), 20,2 millions d’hectolitres de vins de pays et autres vins (-12,2 %) et 9,5 millions pour les vins aptes à l’élaboration de cognac ou d’armagnac (-5,7 %).

Mais en contrepoint de ce bilan, le niveau des stocks de la filière de ce début de la campagne 2005-2006 atteint des sommets himalayens, à 40 millions d’hectolitres, en hausse de 23,5 % par rapport à la campagne précédente. La baisse des volumes enregistrée cette année ne compense pas, et de loin, la diminution des exportations (-6,1% à 2,1 milliards d’euros pour les 8 premiers mois de l’année) et le ralentissement de la consommation française de vins.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La distillation de nouveau inévitable

Pour éviter une nouvelle baisse des cours, le conseil de direction de l’Onivins a décidé une « mise en réserve » d’une partie des vins de pays. Cette mesure, première dans l’histoire de la viticulture française, sera cependant insuffisante. Face au gonflement impressionnant des stocks, la France devra se résoudre, selon Denis Verdier, président de la Confédération des coopératives viticoles de France (CCVF), à demander à Bruxelles une nouvelle « autorisation de distillation de 5 millions d’hectolitres, dont 2 millions pour les vins de table et 3 millions pour les Appellations d’origine contrôlées (AOC). Cette voie inévitable pour apurer les marchés et soutenir les cours repose sur la démarche volontaire des producteurs, et reste généralement peu suivie. Alors qu’il avait été conseillé cette année d’apporter trois millions d’hectolitres à la distillation, seulement 1,085 million d’hectolitres l’ont été.