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Redressement La BPI ouvrira début 2013 et disposera de 42 milliards d’euros

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La future Banque publique d’investissement (BPI), créée pour financer les PME prometteuses et dont l’ambition est de contribuer à développer en France des filières d’avenir, disposera d’une force de frappe de 42 milliards d’euros et ouvrira ses portes en début d’année.

Cette somme se répartira en 20 milliards d’euros destinés à être prêtés, 12 milliards serviront de garanties et 10 milliards d’euros seront consacrés à des investissements en fonds propres sur le quinquennat, a précisé le 17 octobre le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, après en avoir présenté le projet de loi en Conseil des ministres. Ce nouveau bras armé de la politique économique du gouvernement, qui devrait contenir un pôle agricole agroalimentaire, est le premier des soixante engagements de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le projet de loi portant création de la BPI sera voté d’ici la fin de l’année par le Parlement et le premier conseil d’administration est prévu en janvier. « Je souhaite qu’il ait lieu dans une capitale régionale et pas à Paris », a déclaré Pierre Moscovici pour souligner l’ancrage régional voulu pour cette banque.

Un guichet unique par région

La BPI doit réunir dans chaque région, sous un guichet unique, les services du Fonds stratégique d’investissement qui prend des participations dans des sociétés françaises stratégiques, la banque publique des PME et de l’innovation Oséo et CDC Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts. Elle servira à promouvoir des filières d’avenir, a expliqué le ministre. « Tout en étant un financeur avisé elle doit être moins préocupée de la rentabilité à court terme », a-t-il ajouté.
Nicolas Dufourcq, actuel directeur général adjoint de Capgemini, a « vocation » à en devenir le directeur général, précisant qu’il ne pouvait, en l’état, être nommé que « préfigurateur » de la future direction, la BPI n’ayant pas d’existence légale à ce jour.

Soutien des PME à l’export

En septembre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé pour le futur établissement une capacité d’intervention « de plus de 30 milliards d’euros ». Mais, depuis, il a été décidé d’intégrer la totalité du FSI c’est-à-dire ses actions en direction des grands groupes et non plus seulement sa partie dédiée aux PME. « Elle intégrera totalement le FSI, donc elle doit avoir une politique de filière », a confirmé le ministre. Elle se veut « à la fois la banque de toutes les PME et PMI et des filières ». La BPI sera détenue à parts égales par l’Etat et la Caisse des dépôts. Elle devrait à terme intégrer Ubifrance, qui accompagne les entreprises à l’exportation, a précisé de son côté la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq. Elle pourrait également nouer un partenariat avec l’assureur-crédit Coface, selon une source gouvernementale.
La BPI sera présidée par Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la CDC, qui n’aura pas de fonctions exécutives. Elus régionaux, syndicats et patronat, ainsi que des personnalités qualifiées, auront leur mot à dire dans l’élaboration de sa doctrine d’intervention au sein d’un comité national d’orientation dirigé par un président de région, probablement le président de l’Association des régions de France, le socialiste Alain Rousset.

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