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Boissons La Brasserie Lancelot dope sa capacité de production

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La Brasserie Lancelot va investir 4 M€ afin de moderniser son outil de production et augmenter ses capacités. Objectif : passer à 100 000 hectolitres de bières de spécialités par an d’ici à 2022.

Installée sur trois hectares au Roc Saint-André, dans le centre du Morbihan, la Brasserie Lancelot affiche une croissance insolente, passant de 20 M€ de chiffre d’affaires en 2016 à 25 M€ prévus en 2017. Le succès des bières artisanales de spécialités, dont la progression est de 30 % de chiffre d’affaires par an au sein de la Brasserie, incite cette maison familiale et indépendante bretonne à pousser les murs. La capacité de production a déjà été doublée ces trois dernières années, à 50 000 hectolitres de bières par an. "Nous allons encore multiplier par deux nos capacités de production dans les cinq ans", assure Stéphane Kerdodé, dirigeant associé. Pour cela, la Brasserie Lancelot investit près de 4 M€ dans l’amélioration du rendement et de la productivité ainsi que dans la qualité de travail. Une nouvelle ligne à 1,5 M€ d’investissement a déjà été installée, permettant la mise en bouteilles de packs de 3 x 33 cl, un marché en forte progression en GMS. Implantée dans 80 % des 650 hypermarchés bretons, la Brasserie Lancelot compte également 1 300 tireuses au sein des cafés, hôtels et restaurants du Grand Ouest.

Partenariat américain en suspens

Si l’export ne représente que 5 % de l’activité, il constitue un fort axe de développement pour l’entreprise. "Nous sommes présents en Italie, en Suisse et au Japon", précise Stéphane Kerdodé. "Nous avons également déposé la marque sur le continent américain." Objectif : produire les bières Lancelot chez un partenaire brasseur américain. "Et y apporter notre french touch et nos ingrédients comme le blé noir d’IGP Bretagne." En retour, la brasserie produirait en Bretagne pour le compte du brasseur américain et commercialiserait les produits dans son réseau de distribution. Si le projet était déjà bien avancé, il semblerait que l’élection à la présidence de Donald Trump en janvier dernier ait freiné les ardeurs de ses partenaires outre-Atlantique.

L’usine de Breizh Cola à saturation

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Propriétaire de Breizh Cola, la Brasserie Lancelot investit aussi dans le rayon des softs. Avec 30 millions de bouteilles de Breizh Cola, Breizh Thé et Breizh Agrumes produites chaque année, le site de Domagné, en Ille-et-Vilaine, arrive lui aussi à saturation. "Nous réfléchissons à la création d’une nouvelle ligne de production qui devrait arriver d’ici 2020", indique Stéphane Kerdodé. En deux ans de lancement, Breizh Thé a déjà atteint 50 % de parts de marché dans les bistrots bretons, face à Nestea (Coca-Cola) et Lipton Ice Tea (Pepsico). De son côté, Breizh Cola occupe déjà 25 % de parts de marché en GMS en Bretagne, un véritable cas d’école.

"Le succès de Breizh Cola a permis à la Brasserie Lancelot de grandir plus vite ces dix dernières années", assure Stéphane Kerdodé. Désormais, l’entreprise passe à la vitesse supérieure en se dotant de nouveaux locaux. Ainsi 600 m2 de bâtiments supplémentaires, sur trois niveaux, vont être construits cet hiver et livrés en juillet 2018. "Des nouveaux bureaux, un nouveau magasin, un espace de dégustation, un réfectoire, une cuisine et une salle de repos pour les salariés", indique le dirigeant qui emploiera 50 salariés au Roc Saint-André à la fin de l’année, et 20 à Domagné en Ille-et-Vilaine.

Création d’une distillerie

Stéphane Kerdodé vient de créer une nouvelle activité de distillerie au sein de la Brasserie Lancelot. La distillerie de la Mine d’Or, dotée d’un capital de départ de 500 000 € en fonds propres, va produire gin, rhum et whisky bretons. Un nouveau métier pour les brasseurs bretons qui nécessite patience et trésorerie. En effet, les premières bouteilles de gin seront vendues fin 2017 et les premiers rhums des îles bretonnes (vieillis dans les caves des bistrots clients sur les îles bretonnes comme l’Ile d’Arz, l’île aux Moines, l’île de Batz ou de Groix) à l’été 2018. Pour le whisky, il faudra attendre 2020. Les 100 premières barriques de whisky sont en vieillissement cette année. 150 autres seront rajoutées en 2018 et 250 en 2019 pour une commercialisation des premières cuvées l’année suivante.