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Politique La Bulgarie souhaite combattre l’érosion des classes moyennes agricoles

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Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation bulgare, Miroslav Naydenov, a exposé à des journalistes français en déplacement du 22 au 26 septembre un de ses objectifs : combattre l’érosion des classes moyennes agricoles. Pour cela, Sofia propose à Bruxelles plus d’encouragement aux céréaliers moyens (500 hectares), plus d’aides spécifiques aux secteurs en difficulté (élevage, fruits et légumes) et moins de mesures de verdissement.

Le fossé entre les très grands céréaliers et les petits agriculteurs de l’élevage et des fruits et légumes ne cesse, en Bulgarie aussi, de s’élargir. Le ministre de l’Agriculture bulgare, Miroslav Naydenov, compte proposer à Bruxelles des outils, dans le cadre de la future Pac, qui donnent plus de latitude à des pays comme le sien d’encourager les céréaliers moyens ainsi que les secteurs en difficulté. Et au passage, il compte réduire les mesures de verdissement permettant ainsi de consolider la situation des producteurs, a-t-il indiqué le 26 septembre.
 
« La Pac d’aujourd’hui donne la priorité au secteur céréalier »
« La Pac d’aujourd’hui donne la priorité au secteur céréalier. Nous produisons trois fois plus de grains que nos propres besoins, mais nous importons beaucoup de produits animaux et de fruits et légumes. C’est sur ce point que nous attendons de la future Pac une amélioration de cette situation ». Le fossé s’élargit non seulement entre les céréaliers et les autres, mais aussi à l’intérieur du secteur céréalier. Ainsi, sous les effets conjugués de l’effondrement du communisme et de l’entrée de la Bulgarie dans l’UE en 2007, « une dizaine de céréaliers cultivent 100 000 hectares et au-delà chacun, dont un qui exploite 150 000 hectares ». Face à cette situation, le ministre bulgare a exposé ses positions.
Première position, sur la convergence des aides : « Comme dans toute fratrie, on se répartit les parts, et on sait que le frère aîné hérite de la plus grande. Nous l’acceptons, mais il faut que ce soit de façon équitable ». Une allusion à la Grèce, « qui n’est pas plus grande que la France, mais qui touche plus ». Deuxième position, nécessité d’augmenter les aides spécifiques aux secteurs en difficulté (article 68) : « Pour la Roumanie et la Bulgarie, il est très important de pérenniser des secteurs en difficultés : élevage, fruits et légumes. La proposition de la Commission qui prévoit que 10% des paiements de base soient attribués à ce type de productions nous paraît bonne. Nous avons l’intention de proposer un taux de 15% ».
 
« Les aides ne vont pas aux fermiers, mais aux investisseurs »
Troisième proposition, oui au verdissement, mais les 30% d’aides conditionnées aux pratiques environnementales et les 7% de terres écologiques sont des taux trop élevés. « Nous estimons que ramener le taux des aides sous conditions environnementales à 20-30%, et celui des terres écologiques à 3-4% mettrait moins en difficultés les producteurs agricoles ».
Quatrième proposition, introduire plus d’aides du premier pilier pour le soutien du revenu des jeunes agriculteurs : « Nous soutenons fortement la proposition de paiements directs aux jeunes fermiers, pour les inciter à venir rejoindre l’activité agricole, car ce que nous observons, c’est que les aides ne vont pas aux fermiers, mais aux investisseurs. Le paradoxe de la Bulgarie est que 3,4% des bénéficiaires des aides du premier pilier perçoivent 78% des subventions. Cette statistique doit être modifiée ».
Cinquième proposition, augmenter le plafond des aides directes : « Nous estimons que le plafond d’aides de 150 000 euros par exploitant céréalier et par an n’est pas suffisant, nous proposons le double, car ceux qui cultivent 500 hectares seront moins écrasés par ceux qui en cultivent 100 000. Il faut que l’argent aille plus aux vrais agriculteurs, par rapport à ceux qui viennent de la finance ». Justifiant cette position, le ministre de l’Agriculture bulgare a expliqué que les très gros investisseurs dans les céréales, qui viennent en général des secteurs du bâtiment, de l’énergie et de la finance, « n’y voient qu’une activité économique, privant les vrais fermiers d’augmenter leur revenu ». Or, la Pac « n’est pas qu’une politique économique, c’est aussi une politique sociale ».

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