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Betterave La CGB veut conserver un marché du sucre régulé après 2013

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Même si l’OCM sucre garantit une certaine stabilité au secteur jusqu’en 2014, la CGB commence à s’inquiéter. Alors que les quotas laitiers sont en train de disparaître, le syndicat tient à ce que le système dont il bénéficie soit maintenu après 2013. Le sujet a fait l’objet de débats lors de l’assemblée générale de la CGB, le 8 décembre.

L’étau se resserre autour du sucre. « Après la suppression des quotas laitiers, nous risquons en effet d’être l’unique secteur à bénéficier d’une telle organisation puisqu’il est question également de supprimer les droits de plantations en vigne et les quotas de la fécule », a souligné Eric Lainé, président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves), lors de l’assemblée générale de son organisation, le 8 décembre à Paris. Pour les betteraviers, qui viennent tout juste de finir la mise en place de la réforme de leur OCM (Organisation commune de marché) entamée en 2006, pas question de laisser disparaître les quotas dans la Pac de l’après 2013. Le risque est réel : le cadre que fixe la nouvelle OCM ne va pas au-delà de 2014. « Les planteurs refuseront toute réforme supplémentaire si la Commission n’a pour argument que la libéralisation pour la libéralisation », a prévenu Gilles Bollé, président de la commission économique du syndicat.

Une logique bruxelloise parfois « aberrante »
Pour Philippe Chalmin, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, invité par la CGB, il est en tout cas « totalement aberrant de traiter de la même manière des marchés qui sont totalement différents ». Si le marché du sucre est mondialisé, comme celui des céréales ou des oléagineux, ce n’est pas le cas du lait, où les échanges internationaux concernent moins de 5 % de la production. Autre différence : le lait peut se transporter tel quel, pas la betterave. Et le premier contient une très forte dimension « aménagement du territoire », pas l’autre. Sauf que s’adapter aux contraintes des marchés, « ce n’est pas la logique de Bruxelles », a commenté Philippe Chalmin. Attention toutefois : pour le spécialiste, la fin des quotas pourrait aussi représenter une opportunité. « Cela signerait la fin totale de la gestion administrative du secteur par Bruxelles, donc la disparition des contraintes », a-t-il souligné… Avec à la clé, une « liberté de commercialisation totale ».

Bruno Le Maire d’accord pour défendre un système « qui a fait ses preuves »
Pour l’instant, la CGB souhaite en tout cas conserver ses acquis. Et selon elle, il ne faut pas attendre pour en défendre la pertinence. « L’année prochaine, les propositions de la Commission seront sur la table de négociation », a rappelé Eric Lainé. Et « faire revenir la Commission sur ses propositions, ce n’est pas chose facile tant son pouvoir est grand face à celui du Conseil des ministres », a ajouté le responsable syndical. Pour Philippe Chalmin, la betterave sous quotas a en tout cas « une logique et une légitimité », surtout si le sucre s’envisage dans le futur comme un sous-produit de l’éthanol. La plante deviendrait alors un instrument au service de la réduction de la dépendance énergétique. « Le sucre ne coûte rien à Bruxelles », a également rappelé l’universitaire. Reste à voir ce que donneront les débats. Pour le moment, le secteur semble avoir au moins un ministre dans son camp. « Je ne vois aucune raison à ce que nous changions un système qui a fait ses preuves », a affirmé Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation. Il défendra donc un « système communautaire régulateur et protecteur après 2013 », a-t-il promis.

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