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Commerce international La Chine devient l'un des principaux importateurs mondiaux de viande bovine

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Les importations chinoises de viande bovine ont été multipliées par six en 2013, observe l'Institut de l'élevage. En une année, la Chine se place, avec 380 000 téc, comme l'un des principaux importateurs sur le marché mondial.

EN l'espace d'une année, la Chine est devenu l'un des tout premiers importateurs mondiaux de viande bovine, indique la Lettre de veille et d'analyse économique en Chine, du mois de mars, éditée par l'Institut de l'élevage. En 2013, elle a multiplié ses importations par six par rapport à 2012, à 380 000 téc.

Le principal bénéficiaire de cette hausse est l'Australie, qui reste son premier fournisseur avec 53% des parts de marché (205 000 téc), devant l'Uruguay (23%) et la Nouvelle-Zélande (12%). Les viandes françaises sont toujours absentes de ce marché, sous le coup d'un embargo pour cause d'ESB depuis 2001 (voir encadré). Ces importations sont à 95% constituées de viande congelée, à 80% sous forme désossée à un prix moyen de 4,6$/kg avant dédouanement.

Selon l'Institut de l'élevage, les importations auraient représenté 6 à 7% de la consommation chinoise de viande bovine en 2013. « Les Chinois consomment plutôt de la viande marbrée, souvent en sauce ou en bouillon. Ils ne supportent pas la viande saignante », explique Jean-Marc Chau-met, chef de projet viande bovine à l'Institut de l'élevage.

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Une production chinoise présumée en baisse

L'une des raisons à cette embellie, c'est le décrochage présumé de la production de viande bovine chinoise. Présumé, parce que les autorités chinoises ont indiqué une production nationale en hausse de 1,7% en 2013, et le département de l'Agriculture américain (USDA) analyse, lui, une production stable. « Mais tous les journalistes et experts chinois s'accordent à dire que ça baisse », analyse Jean-Marc Chaumet. « L'une des hypothèses avancées par les experts chinois, c'est que le taux de renouvellement du cheptel a été trop bas ces dernières années. Les industriels chinois auraient trop abattu. Mais les experts ne disposent d'aucun chiffre pour les prouver. »

Quoi qu'il en soit, le prix de la viande bovine sur le marché intérieur chinois augmente. « Les prix explosent, ils ont été multipliés par deux depuis 2008, bien plus que le poulet et le porc. La hausse des prix de gros a été de 15% entre janvier 2013 et janvier 2014 », observe Jean-Marc Chaumet.

La France négocie le retour de sa viande bovine en Chine

LE 26 mars, à l'occasion de la visite d'Etat du président chinois, le ministère de l'Agriculture a annoncé que le Comité export viande bovine, lancé sur le 17 mars, allait concentrer ses efforts sur la levée des barrières à l'export vers la Chine. Pour rappel, les exportations de viande bovine française vers la Chine sont toujours sous le coup d'un embargo pour cause d'ESB depuis 2001. La France n'est pas le seul pays à négocier son retour sur le marché chinois de la viande bovine. « Si le Brésil a été absent du marché chinois en 2013 suite à une déclaration d'ESB, il devrait revenir en 2014, prédit l'Institut de l'élevage. Les États-Unis poursuivent leurs efforts pour ouvrir les frontières chinoises à leur viande bovine ». La France pourrait se positionner sur le marché des abats, sur des marchés de niche (restaurants gastronomiques, chaines de distribution haut de gamme…) et sur le marché des semences et des animaux reproducteurs, analyse Jean-Marc Chaumet, spécialiste de la filière bovine à l'Institut de l'élevage.