« Déçue » par la décision de la Chine, prise la veille, de prélever pour une durée de cinq ans, 80,5 % de droits de douane punitifs sur son orge, l’Australie a déclaré le 19 mai, envisager de porter ce différend devant l’Organisation mondiale du commerce. Le ministère chinois du Commerce précise qu’il s’agit à la fois d’une taxe anti-dumping de 73,6 % et d’un droit anti-subvention de 6,9 % sur les importations d’orge australien entrant en vigueur ce jour. « Nous rejetons catégoriquement le postulat que l’orge cultivée en Australie est subventionnée de quelque manière que ce soit », a réagi le ministre de l’Agriculture David Littleproud, suite aux conclusions émises par une enquête gouvernementale qui soulignent l’impact négatif sur le secteur chinois des subventions et du dumping menés par Canberra. L’an dernier, la Chine avait notamment acheté plus de 50 % des exportations d’orge australien, soit 2,5 Mio t.
500 Mio $ AUS par an
Cette nouvelle mesure punitive survient seulement une semaine après que Pékin a suspendu une partie des importations de bœuf australien de quatre grands fournisseurs (1), dans un contexte de tensions avec Canberra, qui réclame l’ouverture d’une enquête sur la façon dont Pékin a géré la crise sanitaire. Toutefois, le ministre chinois de l’Agriculture a nié tout lien entre ces tensions et ces nouveaux tarifs, affirmant que ce n’est « pas une guerre commerciale ». De son côté, le ministre australien du Commerce Simon Birmingham a assuré qu’il n’y aurait pas de mesures de représailles : « Nous ne menons pas des politiques commerciales sur la base du principe un prêté pour un rendu ».
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Dans un communiqué commun, cinq organisations australiennes de producteurs de céréales estiment que le conflit risque de mettre un coup d’arrêt à leurs exportations vers la Chine, ce qui coûterait au secteur au moins 500 Mio $ AUS (soit 299 Mio €) par an. En France, dès le 13 mai, FranceAgriMer avait intégré dans ses bilans une « possible augmentation des droits de douanes sur les orges » australiennes par la Chine. Ce qui est synonyme de « flux d’affaires » pour l’origine France à destination de l’empire du Milieu. Après neuf mois de campagne 2019-20, 961 000 t d’orge française étaient exportées vers la Chine, soit +214 %.
(1) Voir n° 3742 du 18/05/2020