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Vins La Chine redonne des couleurs aux bordeaux

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Les exportations de vins de Bordeaux et Bordeaux supérieurs sont reparties à la hausse depuis la dernière campagne, fortement tirées par la demande chinoise qui explose. Le syndicat regrette cependant que le cours du tonneau reste bas.

«Nous commençons à nous remettre de la crise de 2008 avec une hausse de nos exportations de 30%. Nos marchés habituels se redressent (Grande-Bretagne, Allemagne) et les ventes en Chine augmentent », a déclaré Bernard Farges, président du syndicat des AOC Bordeaux et bordeaux supérieurs le 29 septembre à Paris.
Sur la précédente campagne (2010/2011), les exportations ont augmenté de 33% et les ventes en France de 67%. Au total, près de 2 millions d’hl ont été exportés (dont plus de la moitié dans les pays tiers), sur un volume total commercialisé légèrement supérieur à 3 millions d’hl. Les ventes ont repris au Royaume-Uni (+10% en volume à 221 360 hl et + 27% en valeur). La Chine est devenue le premier marché des vins de Bordeaux hors Hexagone, en valeur et en volume, avec des achats qui se situent entre 200 000 et 300 000 hl. Et la progression des ventes vers ce grand pays continue avec un taux important. « Une bouteille de vin sur cinq vendue en Chine est une bouteille de bordeaux », a poursuivi Bernard Farges.

Les stocks se réduisent
Conséquences : les stocks de vins deviennent plus raisonnables. Ils ont diminué de 10% entre juin 2010 et juin 2011 mais restent élevés avec 3,4 millions d’hl à la propriété et 1,24 million d’hl chez les négociants. Les perspectives de marché redeviennent plus favorables, selon le syndicat.
Cependant, les vins de Bordeaux sont mal valorisés, a regretté Yves D’Amecourt, secrétaire général du syndicat. « En Chine, une bouteille de bordeaux est vendue entre 150 et 200 yuans (entre 17 euros et 23 euros). Ce qui est beaucoup plus cher qu’elle n’est vendue en France. Les marges sont mal réparties dans la filière », a t-il précisé. Actuellement, « le cours du tonneau (225 litres) est remonté à 920 euros », a expliqué Remi Garuz, vice-président du syndicat.
Cette remontée du cours du tonneau serait imputable en partie à la reprise des ventes et à la mise en place au printemps de la structure de commercialisation Mercure, selon le syndicat. Mercure aurait acheté environ 4000 hl de vin en vrac à 800 euros le tonneau depuis sa mise en service en mars. Un volume faible mais qui aurait eu un impact psychologique sur les prix, selon Bernard Farges. Le 28 septembre, les membres de Mercure (producteurs et négociants) ont décidé de monter le prix d’achat du tonneau à 850 euros pour suivre la hausse des cours.

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