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La commercialisation du vin de Bordeaux en repli de 5 % en 2015

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La commercialisation du vin de Bordeaux en 2015 a été en repli de 5 %, à 4,8 millions d’hectolitres, surtout du fait de stocks encore bas après la très petite vendange de 2013, a indiqué Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) le 22 mars. Mais déjà en ces premiers mois de 2016 la commercialisation repart, fortement tirée par le marché américain, porteur, et plus encore par le boom des importations chinoises (+31 %).

Le vignoble de Bordeaux a moins vendu en 2015 que l’année précédente, mais il faut y voir d’une part l’effet à retardement de l’effondrement de la production en 2013 (-28 % par rapport à la moyenne décennale). D’autre part les conséquences de stocks en baisse depuis 2010, selon Bernard Farges. Et enfin une volonté délibérée du CIVB de « sortir le segment basique (moins de 3 euros la bouteille) » de la gamme des vins de Bordeaux, a commenté Allan Sichel, vice-président du CIVB.

En GMS : commercialisation en hausse sur le cœur de gamme

Sur les 4,8 millions d’hectolitres (Mhl) commercialisés en 2015 (-5 %), plus de la moitié, 2,8, soit 58 %, l’a été sur le marché intérieur. Et sur celui-ci, la plus grande part, 46 %, occupée par la grande distribution, a régressé de 5 % aussi. Sur le marché intérieur, le bordeaux est devenu « la valeur sûre numéro un au restaurant ». Au magasin de grande distribution, le cœur de gamme de Bordeaux s’est montré « dynamique malgré des ventes en repli » : 78 % des volumes et 77 % du chiffre d’affaires de bordeaux en GMS sont compris entre 3 et 15€ la bouteille. Le CIVB a détaillé la progression du chiffre d’affaires enregistrée « sur les tranches de prix stratégiques de bordeaux » : +4 % pour les bouteilles entre 4 et 6 euros ; et +5 % pour les bouteilles entre 6 et 15 euros.

Chine : la distribution se professionnalise

L’export, qui représente 42 % du débouché, soit 2,035 Mhl, s’est érodé de 3 %, mais pour une valeur en hausse de 3 %. Sur ce marché, les exportations sur les pays tiers dépassent celles sur l’Union européenne depuis 2010 en volume, et depuis 2005 en valeur. En 2015, cet écart s’est élargi : les ventes en Europe ont plongé de 17 % en volume, mais progressé de 9 % sur les destinations lointaines.
La Chine est, de loin, la première destination à l’export pour le vin de Bordeaux, en volume comme en valeur. Cela malgré la concurrence du Chili, qui marque des points sur le marché chinois en ce moment, en vrac comme en bouteilles. Le Chili, qui a passé un accord commercial avec la Chine, bénéficie de faibles droits de douanes à l’arrivée de ses produits, « lui donnant un gain de compétitivité de l’ordre de 20 % sur tous ses concurrents », a souligné Bernard Farges.

Une volonté délibérée du CIVB de « sortir le segment basique (moins de 3 euros la bouteille) » de la gamme des vins de Bordeaux

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Le courant d’affaires a repris, parce que la distribution chinoise est devenue mature : les distributeurs improvisés, qui ne disposaient pas de réseaux, sont sortis du marché, ceux qui subsistent sont davantage des professionnels, a expliqué Allan Sichel, qui représente le négoce au CIVB.
Durant l’année écoulée, 479 000 hectolitres de vin de Bordeaux (+31 %) ont été exportés vers la Chine, pour une valeur de 277 M€ (+25 %).

Reprise sur les produits valorisés aux États-Unis

Le marché américain est moins spectaculaire dans sa progression, mais sa tendance positive constante inspire confiance au CIVB : « Notre gamme s’est élargie sur ce pays et les chiffres des derniers mois nous montrent une reprise sur les produits valorisés. Nous attendons beaucoup de ce marché à court et moyen terme sur l’ensemble de notre gamme », a ajouté Bernard Farges.
Pour 2016, la commercialisation se révèle « bien meilleure » du fait de l’euro toujours bas, des disponibilités en hausse, et déjà les volumes échangés entre production et négoce sont en forte hausse, a conclu le président du CIVB.

Pékin devrait reconnaître de nouvelles AOP bordelaises

Le bordeaux « est un bon vecteur d’image », en Chine comme ailleurs, et les Chinois qui détiennent maintenant plus de 120 domaines de bordeaux n’y sont pas étrangers, selon le CIVB. Mais qui dit image dit aussi vigilance sur la contrefaçon. Bernard Farges a insisté sur ce point, assurant que le CIVB « travaille avec les autorités chinoises » pour éradiquer cette nuisance. À ce sujet, une bonne nouvelle se profile à l’horizon des prochains mois : l’administration chinoise devrait reconnaître de nouvelles AOP de vin de Bordeaux. « Nous espérons ces enregistrements en 2016, ou en tout cas en 2017 sûrement » dit-on au CIVB.