Dans le contexte de la PPL Duplomb 2 qui vise à réautoriser le flupyradifurone, l’ONG appelle la Commission à réviser l’approbation de la substance active, arguant de nouvelles études sur les risques pour les pollinisateurs.
Dans un courrier envoyé le 4 mars à la DG Santé (Commission européenne), Générations futures et PAN Europe demandent à Bruxelles de transmettre « dans les meilleurs délais » à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) les nouvelles données scientifiques disponibles sur les risques de l’insecticide flupyradifurone pour les pollinisateurs.
Les deux ONG expliquent que, depuis l’évaluation de l’Efsa en 2015, de nouvelles études scientifiques pointent des risques notamment sur les abeilles solitaires. Une limite reconnue par l’agence européenne elle-même, dans un avis de 2022. « La précédente évaluation par les pairs (de l’Efsa, en 2015, NDLR) s’est appuyée sur le Sanco (méthodologie de 2002, NDLR). Dans ce système d’évaluation des risques, les abeilles solitaires ne sont pas prises en compte. Par conséquent, à moins d’utiliser un autre système, aucune conclusion définitive ne peut être tirée concernant l’évaluation des risques. Il semble toutefois très improbable que la présente évaluation des risques, fondée sur des données relatives aux abeilles mellifères de niveau inférieur ou supérieur, protège également les abeilles solitaires », déclarait alors l’Efsa.
72 études non évaluées par l’Efsa
Générations futures dit avoir mené une revue de littérature scientifique arrêtée le 1er mars selon laquelle 72 études concernant les effets du flupyradifurone sur les espèces non-cibles n’ont pas été évaluées par l’Efsa, dont 44 concernent les abeilles et bourdons. « L’écrasante majorité de ces travaux indiquent des effets toxiques létaux ou sublétaux (modification du comportement, perturbation du système immunitaire, plus grande sensibilité aux virus) en particulier sur des espèces sauvages, y compris à des doses d’exposition environnementales », détaille l’association dans un communiqué.
Dans leur lettre à la DG Santé les ONG pressent la Commission « d’accélérer la révision de l’approbation » du flupyradifurone qui devait expirer en décembre 2025 mais qui, faute de temps pour achever les évaluations, a été prolongée jusqu’au 9 juin 2029, selon le règlement 2025/1489.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Interdit en France par un décret de 2020, le flupyradifurone fait partie des substances, avec l’acétamipride, que le sénateur Laurent Duplomb veut réautoriser via la proposition de loi dite Duplomb 2, déposée en février.
Pour rappel, le 6 juin, le Conseil d’État avait refusé la demande de Phyteis (ex-UIPP) d’annuler le décret de 2020 qui interdit trois substances actives de la famille des néonicotinoïdes ou ayant un mode d’action identique, à savoir l’acétamipride, la flupyradifurone et le sulfoxaflor.
Pour aller plus loin : Acétamipride/néonicotinoïdes : le Conseil d’État rejette le recours de Phyteis
« Accélérer la révision de l’approbation »
LM