A la grande surprise de tous, la Commission européenne a finalement retiré son projet d’autoriser le coupage de vin blanc et de vin rouge pour fabriquer du rosé. L’opposition des producteurs français et italiens notamment à un tel changement des pratiques œnologiques a été finalement été entendue par Mariann Fischer Boel qui en a fait l’annonce en début de semaine.
La commissaire européenne à l’agriculture a fait volte-face et annoncé au lendemain des élections européennes qu’il n’y aurait finalement pas de changement dans la réglementation concernant la production de vin rosé en Europe. « Il est important d’écouter nos producteurs quand ils s’inquiètent de changements dans les régulations. Il était clair ces dernières semaines qu’une majorité de notre secteur viticole pensait que mettre un terme à l’interdiction du coupage allait saper l’image du rosé traditionnel », a déclaré Mariann Fischer Boel. Les experts des Etats membres qui devaient se prononcer le 19 juin sur les nouvelles règles « vont maintenir le statu quo sur le vin rosé », a insisté la Commission. Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture avait engagé depuis plusieurs mois un dialogue avec Mariann Fischer Boel et les professionnels de la filière, sur la nécessité de maintenir l’interdiction du coupage de vin blanc et de vin rouge pour fabriquer du vin rosé sans indication géographique. Alors que la Commission avait proposé de lever cette interdiction, la France a fait connaître son opposition à un tel projet.
En saluant la décision que prend finalement la Commission, Michel Barnier réaffirme « l’attachement de la France aux politiques de qualité et à son modèle alimentaire ». C’est grâce à ses vins rosés élaborés selon un mode de macération spécifique que la France occupe la place de premier producteur mondial de vin rosé de qualité, indique un communiqué du ministère.
Les professionnels français et les producteurs européens se sont mobilisés activement depuis plusieurs mois pour convaincre la Commission de maintenir la production traditionnelle de vin rosé.
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C’est « une grande satisfaction » que la commissaire européenne à l’Agriculture ait décidé de « conserver le savoir faire des vignerons plutôt que le côté mercantile », a déclaré le président de l’Association générale de la production viticole, Xavier de Volontat.
Le choix d’autoriser le coupage du rouge avec du blanc pour faire du rosé, « aurait entraîné une destructuration économique et sociale », selon M. de Volontat. Le rosé représente 11 à 12% de la production française, a-t-il rappelé, soulignant la « place très importante de cette production dans certaines régions comme la Provence. C’est la seule couleur qui est en augmentation de consommation », rappelle M. de Volontat, alors que la consommation de vin ne cesse de diminuer globalement en France et que les exportations sont également à la baisse.