La Compagnie des insectes, sa filiale bretonne La Compagnie des insectes de Bretagne et la société Ardennutris à Rethel (site d’élevage de l’ex-Agronutris) ont été toutes trois placées en redressement judiciaire début septembre. En 2025, la Compagnie des insectes avait repris le site d’élevage d’insectes d’Agronutris de Rethel, après la liquidation de sa maison mère EAP Group. Cette usine comptait parmi les plus importants sites d’élevage d’insectes en France.
Ces procédures interviennent alors que la filière de l’élevage d’insectes connaît des défaillances en cascade, en France comme à l’étranger. Ynsect a été liquidée en 2025, comme EAP Group, posant la question de la pérennité de ce secteur. « Le redressement judiciaire d'Agronutris était prévisible, mais celui de son repreneur l'est moins », déclare Corentin Biteau, cofondateur et président de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei), cité dans un communiqué diffusé le 10 septembre. « On nous expliquait que l'échec d'Ynsect tenait à l’espèce choisie et au surdimensionnement de son projet industriel, mais deux entreprises aux modèles différents se retrouvent aujourd'hui devant le tribunal de commerce. C'est le signe que les difficultés sont structurelles, et non le fruit de mauvais choix isolés. »
Ce nouvel accident industriel pose la question des fonds mobilisés pour son décollage. « Agronutris a bénéficié de près de 60 millions d'euros d'argent public : 30 millions d'euros d'investissement en capital de Bpifrance, 27,4 millions d'euros de l'État sous forme de subventions et d'avances récupérables, et 2,5 millions d'euros de la Région Grand Est. Agronutris conteste ces chiffres », précise l’Onei, s’appuyant sur le rapport qu’il a consigné en avril avec l’Obsaf sur l’argent public investi dans l’élevage d’insectes, dont le total serait de 248 millions d’euros.
CB