Abonné

La Compagnie des insectes va ouvrir son premier élevage à la ferme

- - 4 min
Des larves de mouches soldats noires à différents stades de croissance. Crédits : © C. Bonnel

La Compagne des insectes déroule son plan de développement consistant à confier l’engraissement des larves d’insectes à des éleveurs afin de leur apporter un complément de revenus. La société pilotée par Sébastien Couasnet compte plusieurs grandes coopératives françaises à son tour de table.

Sans annonces tonitruantes et sans mobilisation de sommes colossales, à l’inverse d’autres acteurs de l’élevage d’insectes, la Compagnie des insectes trace sa route en toute discrétion. Son PDG fondateur, Sébastien Couasnet, qui n’en déroule pas moins son plan de développement ces dernières années, annonce aujourd’hui un pas important pour sa société. 

Lire aussi : Cédric Auriol (Agronutris) : « En matière d’élevage d’insectes, l’alimentation des larves est un point essentiel »

« En janvier 2024, nous allons installer notre premier lot de larves à engraisser chez un éleveur de volailles du Morbihan, lui permettant d’utiliser des bâtiments inoccupés et d’obtenir un complément de revenus », explique-t-il. La Compagnie des insectes fournit les larves de mouches soldats noires qui sont nourries avec les aliments fournis par un partenaire, l’éleveur assurant l’engraissement pendant 7 à 10 jours. Les larves sont ensuite récupérées et transformées en protéine et huile pour l’alimentation animale. « Le but est que l’agriculteur obtienne un revenu au m2 de bâtiment occupé supérieur à celui de son activité principale », poursuit l’entrepreneur, qui ne donne pas de chiffres précis pour l’instant. L’insecte choisi est la mouche soldat noire qui, comparativement à d’autres races d’insectes, se révèle moins exigeante en termes de nourriture et plus rapide en termes de croissance et de production de protéine et d’huile. 

Reprise de Nextalim et Protifly

Pour lancer son projet, Sébastien Couasnet s’appuie sur plusieurs éléments. Sa société a racheté deux producteurs d’insectes en difficulté : Nextalim en 2022, basé à Poitiers, et Protifly à l’automne 2023, basé à Mont-de-Marsan. L’expertise acquise par ces deux opérateurs va servir pour l’étape préliminaire de la reproduction des mouches afin d’obtenir les larves, sachant que le site de Protifly est aussi en mesure de transformer des insectes en farine et huile. 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Lire aussi : Ÿnsect dévoile la première puce de génotypage pour l’élevage d’insectes

« Nous voulons créer un écosystème autour de l’insecte, en nous appuyant sur nos ressources, mais aussi sur des industriels pour fournir la nourriture des insectes, des éleveurs pour engraisser les insectes et des transformateurs pour obtenir la farine et l’huile », détaille Sébastien Couasnet, connaisseur du secteur agricole en tant qu’ancien fondateur et dirigeant d’Eléphant vert, spécialiste des biostimulants. Il pourra aussi s’appuyer sur le monde coopératif : la Compagnie des insectes compte en effet à son tour de table Terrena, NatUp, Axéréal et Soficoop (La Réunion).

Lire aussi : Innovafeed compte déployer le modèle du site de Nesle en France et à l’international

Après ce premier élevage dans le Morbihan, la Compagnie des insectes compte reproduire ce même schéma avec d’autres agriculteurs, sous réserve d’identifier des partenaires pour l’amont et l’aval, ce que Sébastien Couasnet a commencé à faire. « Après la Bretagne, nous nous développerons dans le grand Ouest et le Sud-Ouest », prévoit-il, sans aller trop vite et sans mobiliser des fonds conséquents. « Notre modèle permet un autofinancement à chaque étape et ne nécessite donc pas de mobiliser des capitaux trop importants ». Selon ses prévisions, la Compagnie des insectes pourrait produire 40 000 tonnes d’insectes par d’an d’ici 2028.