Abonné

Machinisme « La compétitivité dépend aussi de la coopération locale » pour la FNCuma

- - 5 min

Une semaine avant l’assemblée générale annuelle de la Fédération nationale des coopératives d’utilisations du matériel agricole (FNCuma) qui doit se tenir le 31 mai, Stéphane Gérard, son président, est revenu sur le projet que portent les Cuma aujourd’hui. Selon lui, elles souhaitent continuer à développer leur proximité avec les agriculteurs au travers de nouveaux services (production d’énergie renouvelable, atelier de transformation en circuits courts, etc.). Le « local » est un créneau sur lequel les grandes coopératives tournées plutôt vers l’international se sont peu positionnées, explique-t-il. Pour lui, il s’agit d’une complémentarité et non d’une concurrence entre les deux stratégies. Dans le but de lancer la discussion sur ce sujet, c’est le thème « La coopération, demain ? » qui a été retenu pour la prochaine assemblée générale.

Lors du congrès de la FNCuma en juin 2010, vous vous étiez exclamé que « la Cuma est une solution anti-crise ». Dans un contexte difficile pour l’agriculture, pourriez-vous expliquer pourquoi ?
Appartenir à une Cuma génère tout un tas d’économies. L’agriculteur peut optimiser ses coûts de production via les coûts de mécanisation. Rappelons à ce sujet que les charges de mécanisation représentent en moyenne 30% des charges d’une exploitation, l’enjeu est énorme surtout en période de crise. L’agriculteur peut aussi profiter de certains services organisationnels, techniques… De plus, le dialogue entre les adhérents permet de profiter des bons tuyaux des uns et des autres car l’information circule. Une Cuma oblige l’agriculteur à sortir de son exploitation et à discuter avec ses voisins. Notre spécificité, c’est vraiment de travailler sur un territoire à « taille humaine ». »

Quels sont vos grands projets de développement pour les années à venir ?
Nous cherchons à optimiser les coûts de production tout en conservant un ancrage territorial fort. C’est le fondement des Cuma. Nous avons dans l’idée de proposer aux agriculteurs toute une série de nouveaux services comme des unités de méthanisation ou des ateliers de transformation et de découpe. Dans le même temps, nous répondons à la demande de la société qui est de retrouver de la proximité, en particulier pour la production de biens alimentaires. Nous intégrons ainsi la politique de Bruno Le Maire.

Et les grandes coopératives voient-elles cela d’un bon œil ? Elles pourraient s’imaginer que vous leur prenez des parts de marché ?
Comment les grands groupes peuvent-ils prendre en compte les demandes locales et le marché mondial ? Ce n’est pas évident. Pratiquement, personne n’est présent sur le marché du « local ». Les Cuma y ont toute leur place. Entre les différentes familles coopératives, il n’y a pas concurrence mais complémentarité. La compétitivité n’est pas que dans la structuration économique des filières au niveau mondial.

C’est ce que vous revendiquiez déjà lors du rapprochement Coop de France/In vivo ?
Ce rapprochement a éveillé chez nous tout un tas d’interrogations dont il faut parler, d’où le thème de la table ronde, le 31 mai, lors de notre prochaine assemblée générale : « La coopération, demain ? ». Notre réseau est interpellé par ce projet de fusion et nous souhaitons renvoyer la balle à Coop de France et InVivo sur ce sujet.

Cette volonté de créer une « compétitivité » au niveau du local, est-elle nouvelle ?
J’ai le sentiment que cela n’a pas bougé avec le temps. Les Cuma par nature sont dans l’ancrage local et, plus que jamais, elles sont un outil adapté au contexte agricole du moment.

L’année dernière, vous parliez d’un « projet politique » à construire, qu’en est-il aujourd’hui ?
Nous avons effectivement voulu redéfinir un projet politique de la FNCuma dont la copie doit être rendue en novembre prochain. Ce projet a pour but de clarifier nos orientations et par suite nos axes de travail. En externe, nous souhaitons afficher une image claire et lisible de ce que souhaite être la FNCuma. Dans ce sens, au lendemain de l’assemblée générale, le 31 mai, des tables rondes de réflexions seront organisées pour discuter statuts juridiques, attentes des adhérents…

Quels sont vos autres champs de bataille aujourd’hui ?
Comme toujours, nous continuons à nous battre pour pouvoir exercer une activité de groupement d’employeurs. C’est un enjeu important pour pouvoir gérer de la main-d’oeuvre. Cette dernière va être un facteur limitant dans les années à venir. Conforté un CDI temps plein signifie avoir une main d’œuvre qualifiée sur la Cuma et les exploitations. Nous souhaiterions également être intégrés au plan annoncé par François Fillon pour diminuer les coûts du travail en agriculture. Nous demandons aussi que l’investissement collectif soit véritablement soutenu. Il faudrait enfin une remise à plat des mesures de défiscalisation car les incitations fiscales actuelles ne nous paraissent plus adaptées. La défiscalisation pour investissement n’encourage pas à compresser les coûts de mécanisation et dans des périodes d’instabilité économique cette incitation peut se révéler dangereuse.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

concurrence
Suivi
Suivre