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La Conf' s’oppose à un projet photovoltaïque dans le Larzac

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L’organisation syndicale bat le pavé contre un projet de panneaux solaires au sol dans l’Hérault. Elle demande au gouvernement d’accélérer le calendrier pour aboutir à une loi foncière afin d'empêcher l'artificialisation des sols.

Une «quarantaine» de membres de la Confédération paysanne ont occupé le 19 juin, les locaux de la société Arkolia Energies, à Mudaison (Hérault) pour protester contre « Solarzac » un projet de centrale solaire sur le plateau du Larzac, a annoncé le syndicat dans un communiqué.

Le projet en question vise à implanter, sur la commune de Le Cros (Hérault), sur une surface de 220 à 400 hectares selon les scénarios, un parc de panneaux photovoltaïques au sol, pouvant produire l'équivalent de la consommation en électricité d’entre 113 000 et 200 000 habitants. Le domaine de 1 000 hectares sur lequel sera installée cette centrale est dédié à la chasse depuis douze ans.

Malgré l’absence d’activité agricole sur cette parcelle, la Confédération paysanne y voit un symbole de l’artificialisation des sols. « Bientôt le revenu de la location pour ce genre d’activité sera supérieur au revenu agricole, et les paysans retraités auront plus intérêt à louer des terres à des projets de ce type qu’à un jeune agriculteur qui s’installe », déplore ainsi Albane Lamy, animatrice syndicale de la Confédération paysanne de l’Hérault.

La Conf' contre le solaire au sol

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L’organisation se dit en outre « opposée au photovoltaïque au sol ». « Nous sommes pour le développement des énergies renouvelables, mais sur les toits des bâtiments, pas au détriment du foncier agricole », ajoute Albane Lamy. Dans le projet de Arkolia Energies, « jusqu’à 400 hectares » seront pourtant destinés à la constitution de prairies pour des activités d’élevage.

Depuis plusieurs mois, le syndicat se mobilise contre l’artificialisation des terres au profit de ces projets énergétiques. Le 26 février, plusieurs dizaines de membres de la Conf' avaient défilé devant le stand de la FNSafer du Salon de l’agriculture, accusant l’organisme de « battre campagne » afin « d’obtenir des promesses de ventes » de la part de propriétaires de terres agricoles situées autour de sites nucléaires.

Le 13 juin, la Conf' a par ailleurs déploré l’absence de « référence à une future loi foncière », dans le discours de politique générale prononcé par le Premier ministre Édouard Philippe devant l’Assemblée nationale. « C’est inadmissible, alors que les enjeux liés à la question foncière, à savoir l’accaparement et l’artificialisation des terres, sont essentiels pour conduire la transformation de notre modèle agricole », déplore le syndicat.

« Nous sommes pour le développement des énergies renouvelables, mais sur les toits »