Abonné

La confusion sexuelle dans les vignes attendue en hausse de 10 000 ha cette année

- - 2 min

La pratique de la confusion sexuelle des insectes ravageurs de la vigne devrait s’étendre de 10 000 hectares cette année, passant de 52 000 hectares l’an dernier à plus de 60 000, a indiqué à Chablis le 14 avril Paul Narat, responsable technique « vignes » de la firme BASF pour le Chablis et la Champagne, lors d’une présentation de la méthode à des vignerons. Pour Soufflet Vignes, filiale du négociant de collecte-appro Soufflet, la progression attendue des surfaces de vignes protégées par cette méthode de biocontrôle est de 3 000 hectares, soit +25 %, selon Laurent Paupelard, directeur technique et développement de la filiale.

Cette pratique de biocontrôle « se développe rapidement là où les vignerons ont été fédérés, car il faut des parcelles formant des blocs d’au moins quatre hectares », a complété Paul Narat. Le travail de regroupement des parcelles nécessite de nombreuses heures, photos aériennes à l’appui, a commenté Luc Masson, directeur commercial de Soufflet Vignes, à l’occasion d’une opération de pose de diffuseurs de phéromones chez 18 viticulteurs sur 40 hectares à Chablis le 14 avril.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Cette technique consiste à attirer les mâles de la tordeuse de la grappe (un papillon qui pond des larves perforant les grains de raisin, les rendant sensibles aux attaques de champignons) sur les diffuseurs de phéromones déposés au pied des vignes. Ainsi, les mâles, désorientés, ne vont plus vers les femelles, et la natalité s’effondre.

Ce procédé coûte 200 € l’hectare. Il évite deux passages d’insecticides dans le Chablis et quatre à cinq en Bordelais et en Languedoc, selon Laurent Paupelard. Chaque passage d’insecticides coûte 50 à 60 € l’hectare. Outre l’économie réalisée, le procédé permet de gagner du temps en passages de tracteurs et garantit un risque zéro de résidus d’insecticides dans le vin.