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Energies renouvelables La conquête des zones rurales n’est pas un long fleuve tranquille

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Bois-énergie, biogaz, éoliennes, biocarburants... Les techniques pour produire de l’énergie renouvelable en zones rurales sont nombreuses et variées. Mais souvent la seule connaissance de leur existence ne suffit pas à susciter l’engouement et assurer leur développement. Les débats organisés lors de la troisième édition du Salon des Energies Renouvelables - du 27 au 29 avril à Lyon - ont montré que le succès de ces énergies alternatives dépend grandement de leur intégration dans les politiques d’aménagement des territoires.

«Pour développer le bois-énergie, il ne suffit pas de recourir à un technicien. Il faut répondre à plusieurs questions : « faut-il utiliser des tuyaux « durs » qui font appels à une compétence très technique - et donc à des prestataires extérieurs à la région - ou recourir à des tuyaux souples à la portée des artisans locaux ? ». Pour Dominique Jacques, animateur à l’association Rhône-Alpes Energie Environnement, la réponse à cette question est tout sauf anodine.

Construire un projet de territoire

Trop souvent, explique t-il, l’économie de gaz carbonique est le seul indicateur retenu dans le développement des énergies renouvelables. Or, poursuit-il, il conviendrait de s’interroger systématiquement sur ce que cela apporte en plus au territoire concerné : « Ai-je maintenu des agriculteurs sur place ? » ; « Ai-je assuré une bonne protection de l’eau ? ». Telle sont les questions qui devraient être déterminantes dans la manière d’implanter les énergies renouvelables en zone rurale. « L’énergie doit devenir un outil au service d’un projet de territoire» résume t-il. Un point de vue partagé par Eliane Giraud, Déléguée à l’agriculture et au développement rural au conseil régional de Rhône-Alpes. La conseillère régionale voit dans les énergies renouvelables une instrument permettant de réduire les coûts de production des agriculteurs (bâtiment d’élevage accueillant des panneaux solaires, création de réseaux de chaleur utilisant le bois-énergie etc...). « Il n’y a pas d’ambiguïté sur le fait que les énergies renouvelables sont un atout pour les zones rurales, sous réserve de bien les intégrer dans les politiques d’aménagement et de développement des territoires », conclut Jean-Marc Georges, responsable du secteur « Energie» de l’Ademe Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie en Rhône-Alpes. Mais pour cela, ajoute t-il, il est nécessaire d’avoir une forte activité d’animation au niveau local, car « la technique n’est pas suffisante pour développer ces énergies ». Sur ce point, les parcs naturels régionaux (PNR) peuvent jouer un rôle moteur ont souligné les intervenants à plusieurs reprises.

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Financements européens

L’Europe peut également être un levier, via ses financements. « On offre des instruments pour une politique énergétique de la ruralité » explique Samuele Furfari, chef d’unité à la Direction générale de l’Energie et des Transports (Commission européenne). Ainsi, le programme dénommé « énergie intelligente» se voit prolongé sur la période 2007-2013 avec un bugdet de 780 millions d’euros. « On veut donner des encouragements à ceux qui ont envie de mettre le paquet sur les énergies renouvelables, et pas seulement sur une seule filière. Tout ce qui sert à promouvoir une plus grande participation citoyenne à l’énergie, et notamment en matière d’économie d’énergie, est susceptible de recevoir des financements de notre part» précise Samuele Furfari. Les dossiers de candidature sont à déposer d’ici le début de l’année 2006. Le fonctionnaire bruxellois souligne enfin qu’au sein des énergies renouvelables, c’est la biomasse qui a le plus gros potentiel de développement à l’échelle du continent.