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Biodiversité La convention Agrifaune reconduite pour la période 2011-2016

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Cinq ans après son lancement, le programme Agrifaune qui réunit agriculteurs (FNSEA, chambres d’agriculture), chasseurs (FNC) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a convaincu. Les signataires ont donc décidé de reconduire leur convention pour la période 2011-2016. Il s’agit de trouver des compromis entre agriculteurs volontaires et chasseurs pour favoriser la présence de la faune sauvage et notamment du gibier.

Concilier biodiversité et production agricole, c’est possible. C’est ce que montrent les résultats de la démarche Agrifaune lancée en 2006. Convaincus par l’expérience, la FNSEA, les chambres d’agriculture, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont donc reconduit, mardi 24 mai, leur convention « agriculture – chasse – faune sauvage » pour la période 2011-2016. L’objectif d’Agrifaune est de développer des solutions techniques de terrain pour favoriser la faune sauvage – notamment le gibier – tout en limitant au maximum les impacts pour les exploitations agricoles qui s’inscrivent dans la démarche. Les travaux portent notamment sur l’introduction de bandes enherbées, de haies, d’intercultures… Cinq ans après le lancement de ce partenariat, 70 départements sont engagés pour un budget annuel de 1 million d’euros qui permet de mobiliser 200 conseillers.

Lutte contre le ruissellement
Par exemple, en Seine-Maritime, Ludovic Dufour, producteur de grandes cultures (blé, betterave, colza, lin…) a décidé de revoir le découpage de ses parcelles qu’il va entrecouper avec des bandes enherbées. Un moyen de faire revenir certaines espèces de gibier, en « cassant l’uniformité du paysage », tout en réduisant le ruissellement. Il expérimente également l’implantation de bandes de cultures énergétiques pouvant, en plus, être valorisées en plaquettes forestières pour la production de chaleur. « Le but du jeu est de trouver un compromis technique entre ce qui est bon pour la faune et ce qui est acceptable économiquement pour un agriculteur », explique Daniel Rolland, chargé de mission Agrifaune à la Fédération des chasseurs de Seine-Maritime.
Daniel Prieur secrétaire général adjoint de la FNSEA, raconte que dans son département (le Doubs), les agriculteurs ont implanté du triticale pour attirer les prédateurs du campagnol terrestre. « C’est un véritable fléau dans ma région. Le retour de prédateurs permet de lutter contre mais aussi de diversifier les espèces à chasser », précise le responsable agricole. « Il faut que chacun s’y retrouve », confirme Nicolas Coufourier, conseiller de la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime.
« De bonnes pratiques ont été identifiées, il faut maintenant les essaimer pour qu’elles soient mises en place sur le terrain avec pragmatisme et bon sens. C’est pour cela que nous allons bientôt mettre en place des fermes témoins afin de communiquer auprès des agriculteurs », a annoncé Henri Sabarot, président de l’ONCFS. C’est un des principaux axes qui seront développés pour ce deuxième programme Agrifaune. « Le jour où on organisera des visites sur les exploitations, on arrivera à présenter plein de choses aux agriculteurs », indique Nicolas Coufourier. Car si les haies, jachères et bandes enherbées sont des techniques déjà plus ou moins connues, le partenariat entre agriculteurs et chasseurs devrait permettre de faire émerger de nouvelles solutions.

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