Abonné

Distribution La coopérative Unicor rapproche les productions aveyronnaises des consommateurs parisiens

- - 7 min

Présent dans les productions animales et végétales, le groupe coopératif Unicor a annoncé l'ouverture de son deuxième point de vente de produits alimentaires aveyronnais dans le Val-d'Oise. Tout en poursuivant ses projets d'implantation de son enseigne Les Halles de l'Aveyron et ses projets de développement dans le e-commerce qui visent à mieux valoriser les productions de ses adhérents. Cette politique de développement de la distribution en circuit court n'est pas isolée.

Le groupe coopératif Unicor vient d'ouvrir un troisième point de vente de produits alimentaires aveyronnais, à Saint-Gratien dans le Val-d'Oise. C'est en 2008 que l'enseigne Les Halles de l'Aveyron a vu le jour. La coopérative installée historiquement dans le Massif central et présente en production animale (numéro un en ovin français) et végétale, a décidé d'aller au-devant des consommateurs en développant la vente en circuit court. « Un premier magasin de produits aveyronnais a ouvert à Rodez, sur nos terres, pour roder le concept", explique Denis Simon, le directeur général d'Unicor. Une fois le test réussi, Unicor s'est lancé à l'assaut de la capitale. Le but était de mieux valoriser les produits aveyronnais de ses adhérents, tout en réduisant le nombre d'intermédiaires, et aussi en répondant aux attentes de traçabilité et d'authenticité des consommateurs. Outre la viande qui représente le gros des étals, la coopérative propose d'autres produits issus de sa région (fromages, charcuterie, aligot, épicerie fine, etc.). Globalement, Les Halles de l'Aveyron proposent 70 à 80 % de produits locaux, issus de la coopérative et spécialités locales, les produits complémentaires pour le reste sont produits hors de la région.

"L’Aveyron compte 28 000 habitants et 600 000 personnes habitant Paris se revendiquent comme aveyronnaises", glisse Denis Simon. Mais surtout, le Bassin parisien compte un grand nombre de consommateurs. Sur l’Aubrac, le massif du Lévézou ou dans les Causses, un locavorisme au sens strict condamnerait 90 % des fermes tant les densités de population y sont faibles. "En mutualisant nos moyens, nous sommes capables de nous projeter à l’échelle nationale et de vendre nos produits là où nos concitoyens vivent », insiste quant à lui Jean-Claude Virenque, le président de la coopérative.

Le magasin test de Rodez a atteint son rythme de croisière avec un chiffre d'affaires annuel de 4 millions d'euros. Celui d'Herblay (Val-d'Oise), avec une surface de vente de 1000 m2 environ, a quant à lui dépassé son point mort et affiche un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros. "Avec notre modèle économique, les magasins trouvent leur point mort dès la deuxième année d'existence ", indique Denis Simon. "Le magasin de Saint-Gratien a représenté un investissement pour la coopérative d'un peu moins de 2 millions d'euros", précise-t-elle. Ce magasin est conçu quasiment à l'identique de celui d'Herblay, à la seule différence qu'il ne proposera pas de restauration sur place. " Le site ne s'y prête pas, selon le dirigeant, et l'intégration de la restauration ne fonctionne qu'à condition de nous associer à un spécialiste". Mais avec ce troisième magasin d'une surface de plus de 800 m2, "ce sont près de 700 bœufs, 350 veaux, 1 800 agneaux et 50 000 poulets plein-air qui seront ainsi valorisés en circuit court coopératif" sur un an, explique encore Unicor.

Développement de l'e-commerce

D'ores et déjà confortée par la réussite de son concept de distribution en circuit court, la coopérative a donc décidé de poursuivre l'essaimage de ses enseignes dans la région parisienne. Son plan de développement prévoit l'ouverture d'un quatrième point de vente des Halles de l'Aveyron en 2018, dans un autre département francilien, "pourquoi pas au sud cette fois pour changer du Val-d'Oise", imagine Denis Simon.

Quant à un développement à Paris intra-muros, le prix du foncier étant ce qu'il est, Unicor "à moins de tomber sur la bonne affaire", compte surtout faire connaitre ses produits aux Parisiens via l'e-commerce. "Si nous voulons donner de la présence à nos produits, l'e-commerce est un outil capable d'accélérer le processus. La logistique reste cependant un sujet incontournable dans ce développement. Il faut que nous soyons capables de faire aussi bien que les spécialistes, tant sur le respect de la chaîne du froid que sur les délais de livraison. Il est clair que plus nous maîtriserons le process de la logistique, plus nous capterons de la valeur", détaille Denis Simon. Le métier de la logistique, comme celui de distributeur, deviendra donc bientôt un des nouveaux métiers d'Unicor.

L’ouverture du magasin de Saint-Gratien générera la création de 25 emplois directs. Pour s'assurer de la réussite des Halles de l'Aveyron, chaque salarié doit adhérer aux valeurs de la coopérative. "Ce sont les salariés porteurs du projet à l'origine, ceux qui ont mis en place le magasin d'Herblay, qui se sont chargés de Saint-Gratien et ainsi de suite. Il est extrêmement important pour la réussite du magasin que les salariés soient porteurs du projet, qu'ils partagent l'histoire de ce développement". Le gros des recrutements se fait pour le rayon boucherie, qui représente une part importante aux Halles de l'Aveyron. Si la baisse de la consommation de la viande représente "une vraie problématique " pour Denis Simon, ce dernier fait le pari "de la qualité, de la traçabilité. Le lien direct avec le producteur rassure le consommateur".

Un financement participatif réussi

Les développements d'Unicor dans la distribution sont financés pour partie sur les fonds propres, pour partie par du financement externe. En 2014, à l'occasion de l'ouverture du deuxième magasin, puis en 2015, Unicor a même lancé des campagnes de financement participatif, afin d'associer non seulement les fermiers adhérents, mais aussi les salariés du groupe. Ces opérations ont rencontré un très bon accueil auprès de tous. Au total, Unicor a ainsi récolté près de 1,9 million d'euros, auprès de 364 souscripteurs. Il est vrai que le rendement offert à 5% sur 3 ans était attrayant. La reconduction d'un tel mode de financement qui entre tout à fait dans l'esprit coopératif d'Unicor, "n'est pas d'actualité pour l'instant, mais l'idée reste assez largement partagée", témoigne Denis Simon.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Val-d'Oise
Suivi
Suivre

D'autres projets 

Dernièrement, Unicor a repris l’activité négoce et engraissement d’agneaux français de l'entreprise Goixart, dans l'Aude. « Grâce à cette reprise, Unicor va atteindre un seuil stratégique en agneaux mérinos. Cette taille va nous permettre de renforcer et pérenniser les partenariats existants, en particulier la démarche Saveur du Midi avec SVA (Intermarché) », a précisé Jean-Claude Virenque, président d’Unicor. Il s’agit aussi d’identifier de nouveaux débouchés rémunérateurs. "L’apport des agneaux mérinos de contre-saison sera complémentaire au flux d’agneaux de Lacaune issus de la filière Roquefort, en insuffisance sur le 2e semestre pour répondre à la demande du marché", expliquait le communiqué.

Par ailleurs, Unicor vient de déposer un appel à projet dans le lait bio, avec trois laiteries du secteur, couvrant la brebis, la vache et la chèvre. "L'objectif vise à monter une filière bio à laquelle nous avons associé des partenaires techniques", explique le dirigeant. Unicor est déjà présent dans le bio, notamment dans la nutrition animale. Un investissement de 1,2 million d'euros est d'ailleurs prévu dans son usine de la Canourgue en Lozère pour augmenter les capacités de production. Le groupe affiche une croissance de plus de 20 % par an sur ce segment de marché.

TEXTE">342 M€ de chiffre d'affaires (exercice clos le 30 septembre 2016)

 

Ebitda 7 M€

10 000 adhérents

Présence en Aveyron, dans le Cantal, en Lozère, dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne