Peu de progrès ont été enregistrés à Genève pour surmonter le différend entre les Etats-Unis d’une part, l’Inde et la Chine d’autre part, sur le mécanisme de sauvegarde spéciale pour les pays en développement, qui avait été la principale cause de l’échec des négociations ministérielles du cycle de Doha fin juillet dernier. Si la volonté existe de poursuivre les pourparlers au niveau technique, les élections en vue aux Etats-Unis, en Inde et au Japon, ainsi que la crise financière internationale, semblent bloquer toute possibilité d’accord au niveau politique. Sans parler du départ du commissaire européen au commerce, Peter Mandelson .
Dans ce contexte, il y a de fortes chances que le cycle de Doha soit de fait suspendu au moins jusqu’à 2010. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a donc préconisé le transfert de ces négociations vers un plan de développement qui serait envisagé par un G-7 (principaux pays industrialisés) élargi à des pays émergents ou en développement. Selon lui, l’échec des négociations de Genève risque de provoquer l’effondrement de l’OMC elle-même. Pour sa part, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, qui espère toujours un accord sur les « modalités » pour l’agriculture et les produits industriels (NAMA) avant la fin de l’année, a mis sur pied au sein de son secrétariat un groupe de travail chargé d’examiner les implications de la crise financière sur le commerce. Il a proposé que cette question soit débattue lors d’une réunion, le 12 novembre, entre l’OMC, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Pourparlers techniques sur l’agriculture
Dans le domaine agricole, les discussions techniques se poursuivent à Genève, sous la présidence de Crawford Falconer, qui pourrait éventuellement soumettre un projet de compromis révisé vers la fin du mois de novembre. Les principaux sujets traités sont :
– le mécanisme de sauvegarde spéciale, les Etats-Unis voulant toujours que l’Inde et la Chine limitent l’utilisation d’une telle protection.
– la simplification tarifaire. L’UE cherche à obtenir le maintien de droits spécifiques pour le sucre, la viande bovine ainsi que pour certains produits laitiers, et à assurer le maintien de son système du prix d’entrée pour les fruits et légumes.
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– les nouveaux quotas tarifaires d’importation, c’est-à-dire la possibilité d’ouvrir de tels quotas pour des produits qui n’y sont pas encore soumis. L’UE en voudrait un pour l’éthanol, de façon à limiter la réduction tarifaire sur ce produit.
– le plafonnement et le nombre de produits sensibles (4% des lignes tarifaires), ainsi que leur traitement.
– le coton, problème surtout américain (réductions tarifaires dans les boîtes bleue et orange).