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Institut français de la vigne et du vin La distillerie, meilleure voie de valorisation des coproduits vinicoles

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La distillerie est la voie de valorisation des coproduits vinicoles qui présente le plus d’atouts, à côté d’autres voies comme la méthanisation, le compostage et l’épandage, a conclu une étude de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), le 26 novembre au Sitevi de Montpellier. Cette contribution de l’institut technique intervient à quelques semaines du débat qui devra être tranché au prochain conseil spécialisé vin de décembre de FranceAgriMer.

Les distilleries vinicoles sont les plus performantes pour recycler les marcs de raisin et les lies de vin aussi bien d’un point de vue économique qu’environnemental et technique. Telles sont les conclusions de l’expérimentation nationale des sous-produits menée par l’IFV, et présentées au Sitevi, salon du matériel de la vigne, du vin, des fruits et légumes et de l’oléiculture, qui s’est tenu à Montpellier du 26 au 28 novembre.
 
Un coût zéro pour la majorité des producteurs
D’un point de vue économique, les analyses du cycle de vie (ACV) réalisées par l’IFV montrent que la distillation revient à un coût zéro pour la très grande majorité des producteurs. C’est la moins onéreuse des quatre voies de valorisation, a montré l’IFV, puisque la méthanisation représente un coût d’au moins 20 euros par tonne de marcs et de lies, le compostage d’au minimum 63 euros par tonne, et l’épandage entre 70 et 110 euros par tonne.
 D’un point de vue environnemental, la distillation des sous-produits de la vinification est la plus sûre pour la qualité des écosystèmes, les ressources, l’impact sur changement climatique et la santé humaine. Les autres méthodes de valorisation engendrent des impacts sur la qualité des écosystèmes. 
Enfin, d’un point de vue technique, l’étude conclut que les distilleries permettent de traiter non seulement les sous-produits solides (marcs de raisin) mais aussi les sous-produits liquides (lies de vin et jus d’égouttage), plus difficilement valorisables par les autres voies étudiées.
Cette étude a été demandée par FranceAgriMer, a précisé l’IFV, ajoutant qu’il ne s’agit pas d’opposer les différentes voies, car elles sont complémentaires, mais d’en exposer les différents atouts.
 
Les distilleries prêtes à fournir la chimie verte et à méthaniser
Cette question de la valorisation des coproduits vinicoles devra être tranchée au prochain conseil spécialisé vin de décembre de FranceAgriMer, l’enjeu étant de savoir si la filière souhaite le maintien de l’obligation pour les viticulteurs d’apporter leurs marcs de raisin et lies de vin à la distillerie.
L’Union nationale des distilleries vinicoles (UNDV) indique dans un communiqué diffusé le 26 novembre juste après la présentation de l’étude de l’IFV au Sitevi que  les distilleries ont diversifié leurs produits « pour maintenir un coût proche de zéro euro pour les viticulteurs » et cela malgré une baisse de subventions de 60 % depuis 2008. « Elles fournissent aujourd’hui la filière des biocarburants, l’industrie agroalimentaire, la cosmétique et demain le secteur de la chimie verte. »
« Nos distilleries sont conçues pour recycler le maximum de matières. Même l’eau que nous récupérons est réutilisée pour les circuits de refroidissement. Aujourd’hui, pour pousser plus loin encore le recyclage, nous étudions les circuits de méthanisation » des sous-produits une fois que tous les ingrédients à haute valeur ajoutée ont été extraits, a ajouté dans le communiqué Jean Mottet, vice-président de l’UNDV.

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