Abonné

Rapport d’expert La douleur animale, difficile à identifier, voire inexistante chez certaines espèces

- - 4 min

« Douleurs animales : les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage », voici l’intitulé de l’expertise scientifique collective (ESCo) commandée à l’Inra (Institut national de recherche agronomique) par les ministères de l’Agriculture et de la Recherche afin de rassembler un maximum de connaissance sur le sujet. Les résultats du rapport d’expert ont été révélés le 8 décembre 2009 dans les locaux de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) à Paris.

La douleur animale serait encore difficile à caractériser, selon les résultats de l’expertise scientifique collective (ESCo) commandée par les ministères de l’Agriculture et de la Recherche à l’INRA. Effectuée à partir de 1393 références, cette expertise constitue « une synthèse extraordinaire de ce que l’on sait sur le sujet », selon les mots de Denis Simonin, de la DG Sanco (direction générale « Santé et protection des consommateurs) de la Commission européenne. Une vingtaine d’experts issus de l’Inra, de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, du Collège de France, CNRS et des Ecoles vétérinaires, en France et à l’étranger, ont en effet regroupé un grand nombre de connaissances, controverses et lacunes existantes en matière de douleur animale afin d’aider les pouvoirs publiques dans leur prise de décisions. Le rapport final dévoile également les différents facteurs qui favorisent l’apparition de la douleur et propose des pistes pour la réduire.
« Il est déjà difficile d’évaluer la douleur chez les êtres qui communiquent, c’est encore plus dur chez les non-communicants », a lancé un médecin présent lors du débat sur les conclusions du travail d’expertise scientifique collective (ESCo) concernant la douleur des animaux d’élevage.

Combinaison de critères
Actuellement, un diagnostic de la douleur ne peut en effet se faire que de façon indirecte à partir d’une combinaison de critères lésionnels, comportementaux, physiologiques et zootechniques. Ces indices pourraient éventuellement servir à élaborer des grilles multiparamétriques de la douleur pour les animaux d’élevage. À condition que celle-ci soit éprouvée par l’ensemble des espèces. Car actuellement, son existence chez les oiseaux fait l’objet de débat au sein de la communauté scientifique, en particulier pour certaines espèces d’élevage.
L’analyse s’est aussi attachée à chercher d’où provient cette douleur. Parmi une multitude d’interventions douloureuses analysées, l’abattage a fait l’objet d’une attention particulière. Il en résulte que les techniques d’abattage avec étourdissement entraîneraient l’inconscience si elles sont correctement pratiquées. En revanche, un délai important avant l’inconscience a été observé auprès d’un pourcentage significatif des bovins abattus sans étourdissement.

Supprimer, substituer, soulager
De cette analyse découle une démarche intitulée « 3S » : supprimer, substituer et soulager. Elle consiste à supprimer les techniques douloureuses et leur substituer d’autres techniques afin de soulager la douleur. « Il n’y a pas de solutions miracles », a rappelé Thierry Tuot, président de la Commission nationale Animal et Société. Les scientifiques préfèrent parler de « pistes » destinées à réduire la douleur des animaux d’élevage. Des pistes qui ont également la vocation de formuler les lacunes actuelles au sein de la recherche. À ce propos, Jean-Luc Angot, directeur général adjoint à la DGAL (Direction général pour l’alimentation) a déclaré que « des grilles (multiparamétriques de la douleur pour les animaux d’élevage) devraient être développées et (que) des programmes de l’enseignement agricole devraient prendre en compte de la douleur animale », rappelant dans la foulée, la tenue des Etats généraux du sanitaire en janvier 2010.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

santé animale
Suivi
Suivre
Commission européenne
Suivi
Suivre