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Sécurité alimentaire La FAO plaide pour l’horticulture urbaine en Afrique

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La population urbaine de l'Afrique croît plus rapidement que celle de toute autre région, mais de nombreuses villes africaines ne sont pas en phase avec la demande de nourriture qui accompagne cette croissance. La FAO recommande, dans un rapport, d’agir maintenant afin que les villes du continent soient suffisamment « vertes » pour répondre de manière durable aux besoins nutritionnels et en revenus de leurs habitants.

La publication de la FAO, Growing greener cities in Africa, est le premier rapport d'étape sur l'horticulture urbaine et péri-urbaine en Afrique, c'est-à-dire les jardins potagers de l'habitation, de l'école, de la communauté et du marché, qui produisent fruits et légumes dans et autour des villes. Elle s'appuie sur des enquêtes et des études de cas réalisées dans 31 pays à travers le continent africain. En Afrique, plus de la moitié des citadins vivent dans des bidonvilles, jusqu'à 200 millions de personnes survivent avec moins de 2 dollars par jour, et les enfants pauvres des villes sont, autant que les enfants ruraux pauvres, susceptibles d'être atteints de malnutrition chronique. Vers la fin de la décennie, 24 des 30 villes à croissance la plus rapide seront africaines. La publication cite des enquêtes montrant qu'entre 2010 et 2030, la population urbaine de l'Afrique subsaharienne devrait doubler, passant de 300 à 600 millions.

Une production à appuyer et encadrer

Le rapport de la FAO traite en particulier de l'avenir du maraîchage, la production commerciale irriguée de fruits et légumes dans certaines zones urbaines déterminées ou dans d'autres parties de l'environnement urbain. Il s’agit là de la source la plus importante de production locale de produits frais dans 10 pays africains sur 27, et de la deuxième source dans six autres pays. Mais le maraîchage a grandi avec peu de reconnaissance, de réglementation ou de soutien de la part des autorités officielles. Dans certaines villes, il devient insoutenable, car pour maximiser les rendements, les maraîchers utilisent à outrance pesticides et eau polluée.
La FAO recommande aux gouvernements et aux administrations urbaines de collaborer avec les producteurs, les transformateurs, les fournisseurs, les vendeurs et autres pour offrir au maraîchage et à l'agriculture urbaine et péri-urbaine l'appui politique, logistique et pédagogique nécessaire au développement durable. Parmi les recommandations spécifiques, le rapport conseille de délimiter et protéger les terres et l'eau pour les jardins maraîchers, et d’encourager les producteurs à adopter le modèle agricole de la FAO « Produire plus avec moins ». Ce modèle vise à l'augmentation des rendements tout en préservant et en renforçant les ressources naturelles. Il consiste notamment à appliquer la bonne quantité d’intrants externes appropriés (pesticides, engrais et semences) au bon moment.

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