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Négociations commerciales La FCD annonce la reprise des négociations tarifaires sur les produits carnés

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La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé le 30 juin la réouverture des négociations tarifaires avec les industriels pour les produits carnés. L'accord du 3 mai, signé entre la distribution et les autres maillons des filières viandes, sous l'égide de Bruno Le Maire, a donc bien pris effet à la suite de la publication des indices de prix par le ministère de l'Agriculture. Dans la réalité, près d'une semaine après cette annonce de la FCD, seuls les industriels de l'abattage découpe du secteur de la volaille sont en passe d'obtenir une hausse de leurs tarifs. De leur côté, les producteurs ne sont en rien assurés d'une hausse de leurs prix d'achats.

Selon les engagements signés le 3 mai dernier et après la publication des indices de prix par le ministère de l'Agriculture, les enseignes de la distribution ont « ré-ouvert les négociations sur les conditions de vente des produits issus des filières bovines et de volaille ainsi qu'une partie de la filière porcine », précise un communiqué de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) du 30 juin. Elle a tenu à rappeler que dans les filières d'élevage, « les enseignes n'achètent pas directement aux producteurs mais aux industriels de l'abattage/découpe ou de la transformation. » Cette précision est tout-à-fait pertinente pour Christian Marinov, directeur de la Confédération française de l'aviculture, qui rappelle que les producteurs ne seront pas mieux payés à la suite d'une hausse du tarif de la viande au consommateur. Il reste cependant optimiste face à « un certain dialogue renoué » avec la grande distribution. Au 7 juillet, les industriels négociaient 6 à 8% de hausse avec les entreprises de la distribution. Ils avaient déjà obtenu une hausse d'environ 10%, pour 16% revendiqué, depuis le début de la flambée des céréales et donc de celle de l'alimentation animale. Reste à savoir quand cette hausse tarifaire prendra effet : cet été ou à la rentrée ? Au 4 juillet, la FCD ne donnait aucune information quant à la durée de ces négociations.

La volaille, seule bénéficiaire actuelle

« Les discussions se feront donc au cas par cas, en fonction des produits, de la part de l'alimentation animale dans le produit final et des discussions préalables qui doivent aussi avoir lieu entre producteurs et industriels », précisait la FCD dans son communiqué. Par contre, « il convient de noter que la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (Fict) n'ayant pas signé cet engagement, les négociations concernant ces produits ne peuvent pas se réouvrir », avance le communiqué de la FCD. Un positionnement vécu très difficilement par les éleveurs de porc qui subissent de plein fouet une crise, liée en partie à la récente hausse de leurs coûts de production. Pour Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), « si négociation il y a, il s'agit de celles du quotidien et non de celles liées à l'accord du 3 mai. » En viande bovine, c'est une hausse de 16% que revendique la Fédération nationale bovine (FNB). Pour Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB, c'est aux organisations de producteurs de passer à l'offensive pour la réclamer sachant que la FCD est prête à la négociation. Dans son communiqué, la FCD ajoute cependant « que la lutte pour le pouvoir d'achat de leurs clients reste une de leurs préoccupations majeures ». De même, elle fait référence à l'« avis sur la licéité de cet accord [du 3 mai, ndlr] » par l'Autorité de la concurrence. Interrogée sur le sujet, le 7 juillet, l'Autorité de la concurrence a répondu que « vu la complexité du dossier, l'avis devrait sortir au cours du mois de juillet ».

Des équilibres intra-filière fragilisées

Lors de l'assemblée générale du Comité professionnel du poulet classique et certifié (CIPC), le 29 juin, Jean-Yves Ménard, son président, a résumé la situation en quelques mots : « Impossible d'échapper [à la forte hausse et sans doute durable des matières premières, ndlr], mais le faire admettre au consommateur est difficile dans la mesure où lui-même se trouve confronté aux conséquences de la crise avec un pouvoir d'achat souvent en régression. Dans ces conditions, les distributeurs et les producteurs s'affrontent dans un véritable bras de fer. Les filières se trouvent en grande difficulté et les distributeurs rechignent à répercuter l'ensemble des hausses sur les prix de détail. » Il précise également que « la contractualisation en place dans le secteur des volailles de chair est mise en péril par cette absence de revalorisation car les équilibres au sein de la filière sont remis en question. Les abattoirs souffrent en premier de la situation car ils sont dans l'impossibilité d'augmenter leurs tarifs sous la pression des distributeurs. [...] Cela entraîne une fragilisation des structures agro-alimentaires à laquelle il faudra tôt ou tard remédier. Faute de quoi, on assistera à un ralentissement des investissements particulièrement dangereux à moyen terme. »

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