Le 2 septembre, Jérôme Bédier, président de la FCD, a fait valoir les vues de son organisation sur le thème de la baisse des prix dans les magasins et celui de la crise des fruits et légumes d’été, deux questions qui ont mis la distribution sous les projecteurs. En somme, il voit déjà plus loin que l’accord Sarkozy et se dit « agacé » par les récentes menaces des agriculteurs.
Lors d’une conférence organisée dans le but de faire valoir ses vues, la FCD (Fédération du commerce et de la distribution) s’est exprimée sur la baisse des prix dans les magasins et sur la crise des fruits et légumes d’été. Au deuxième jour de l’entrée en vigueur de l’accord du 17 juin, Jérôme Bédier a tiré un bilan des progrès en matière de baisse des prix dans les magasins. Et dressé ce constat : les 2 % de baisse moyenne prévus sur les grandes marques sont encore loin d’être observés. Si un tiers des fournisseurs a fait des concessions en ce sens, il estime ce niveau encore faible et enjoint les « industriels retardataires à rejoindre le mouvement».
Réforme de la loi Galland
Sans pour autant tomber dans l’excès : « Nous ne souhaitons pas forcément de baisse supérieure à 5%,annonce-t-il. Nous avons d’ailleurs remarqué que certains industriels s’étaient servis de la baisse pour rendre leurs produits attractifs quand ceux-ci étaient directement menacés par les MDD…» .
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Pour autant, selon le président de la fédération, l’essentiel n’est pas là. Pour conclure son bilan, et passer au vif du sujet qui l’intéresse, il souligne qu’« il est quand même dommage que les baisses de prix se négocient dans le bureau d’un ministre… ». Pour lui, sur la question des prix, le problème de fond demeure la loi Galland. Il confie attendre de la commission Canivet, qui rendra son rapport le 15 juin, qu’elle statue pour une réforme de cette réglementation.
Confrontation ?
Lorsqu’il a abordé le thème de la crise des fruits et légumes de saison, Jérôme Bédier a changé de langage. Visiblement, il n’a que moyennement apprécié les menaces des agriculteurs à la fin d’une crise où, selon lui, la grande distribution a fait preuve d’une grande patience. Se disant « scandalisé» par le dernier communiqué de la FNSEA, qui promettait une confrontation, il a argué que la distribution avait négocié tout l’été en tenant compte des difficultés des agriculteurs. Que eux-ci réagissent de la sorte l’a fait voir rouge : « Si nous ne pouvons pas discuter, alors la confrontation annoncée par la FNSEA sera inévitable », a-t-il dit. Avant d’émettre l’hypothèse selon laquelle les agriculteurs ont autant fait parler d’eux pour « fédérer le mécontentement », dans une profession qui, selon lui, compte « peut-être trop de fédérations ».