Après plusieurs mois de travaux avec différents experts, la Fédération du commerce et de la distribution, regroupant les principales enseignes, a présenté le 27 octobre son système d'étiquetage nutritionnel simplifié (Sens) devant les ministères concernés (Santé, Agriculture et Economie) et les associations de consommateurs. Ce système devrait maintenant faire l'objet d'un test grandeur nature auprès des consommateurs.
Après un an de travail, la FCD (fédération représentant les principales enseignes de grande distribution) a dévoilé son système d'étiquetage nutritionnel simplifié (Sens). Celui-ci a été présenté devant les instances ministérielles (Santé, Agriculture et Economie), et les associations de consommateurs lors d'une réunion de concertation que s'est tenue le 27 octobre au ministère de la Santé. « Une réunion qui s'est déroulée sous de bons auspices, selon Emilie Tafournel, directrice qualité de la FCD. Les différents ministères ont salué nos travaux et les associations de consommateurs se sont félicités que nous les rendions publics ». Ce projet doit maintenant faire l'objet d'une saisine par l'Anses, qui devra notamment en évaluer les aspects techniques.
PAS D'UNANIMITÉ SUR LE NOUVEL AFFICHAGE NUTRITIONNEL
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Ce système qui s'inscrit comme une alternative au système 5 couleurs (5C) du professeur Serge Hercberg, préconisé par le ministère de la Santé, « permet de hiérarchiser individuellement tous les produits alimentaires selon leur composition nutritionnelle et de les répartir en quatre classes », explique la FCD dans son communiqué. L'algorithme retenu dans le projet Sens est fondé sur le système « Sain, Lim », développé en 2008 dans le cadre d'un groupe de travail de l'Afssa (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), est-il ajouté. Il permet de classer les aliments selon leurs défauts (score Lim) et leurs qualités nutritionnelles (score Sain), valorisant ainsi l'intérêt nutritionnel de chaque catégorie d'aliments, indique encore la FCD. Si tout le monde s'accorde à dire que la présentation actuelle de l'étiquetage nutritionnel – reposant sur une information chiffrée autour des différents nutriments (glucides, protéines, lipides) pour des portions de 100 grammes – est trop compliquée et doit être réformée, les avis divergent quant à la nouvelle présentation qui doit être adoptée. Rappelons que le projet de loi de santé, défendu par Marisol Touraine, prévoit dans son article 5 un étiquetage de couleurs sur les aliments selon leur qualité nutritionnelle pour orienter le consommateur et ainsi prévenir l'obésité (voir Agra Alimentation du 23 juillet 2015).
Ce projet doit maintenant faire l'objet d'une saisine par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) qui devra en évaluer les aspects techniques. En attendant, la FCD demande que le système Sens soit testé en magasin « avant la fin de l'année pour évaluer la compréhension des dif-férents systèmes proposés ». La loi de santé, de son côté, doit revenir à l'Assemblée le 16 novembre. Si l'article 5 est adopté en l'état, les caractéristiques de l'étiquetage nutritionnel seront à définir par décret en Conseil d'État. De fait, il conviendra de choisir entre le système 5C défendu par le professeur Hercberg, ou le système Sens, défendu par la FCD et les industriels. « La loi pose le principe de l'étiquetage nutritionnel à titre volontaire, donc c'est mieux que le système plaise au plus grande nombre » rappelle de son côté l'Ania, elle aussi opposée au système 5C qu'elle juge stigmatisant. Une chose est sûre : pour qu'il joue efficacement son rôle auprès des consommateurs, autant qu'il soit largement diffusé…