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UE/Livre vert qualité La FCD refuserait d’indiquer l’origine des ingrédients dans les aliments transformés

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L’indication obligatoire de l’origine des ingrédients majoritaires des denrées alimentaires transformées ne constitue absolument pas une information essentielle et décisive pour le consommateur. C’est en tout cas l’avis de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) qui dans sa réponse à la consultation publique sur le Livre vert sur la qualité des produits agroalimentaires, va encore plus loin en soulignant qu’une telle obligation « rigidifierait complètement les approvisionnements en matières premières pour les industriels et renchérirait considérablement les produits ».

Pour la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution l’indication obligatoire de l’origine des denrées alimentaires ne représente un intérêt « que lorsqu’il s’agit de produits agricoles bruts ou très peu transformés (fruits et légumes, viandes et volailles, poissons, coquillages, crustacés, œufs). Pour les produits transformés, le lieu de fabrication ne constitue pas une information essentielle pour les consommateurs qui devrait être rendue obligatoire dans tous les cas (comme par exemple la date limite de consommation ou la présence d’allergènes dans les recettes). Il s’agit plutôt, souligne la FCD, « d’une information intéressante à connaître dans certains cas et qui doit pouvoir être apposée de manière volontaire sur les produits ». A ses yeux, l’indication obligatoire de l’origine de l’ingrédient majoritaire et caractéristique d’une denrée semble seulement nécessaire en cas de mention volontaire par l’opérateur du lieu de fabrication/transformation de cette denrée. Finalement, la mention « UE » ou « Non UE » est jugée peu informative par le consommateur qui, soutient la FCD, « préfère très largement la mention du pays ».

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Ne pas alourdir les critères d’enregistrement des Indications Géographiques

Quant à la question de savoir s’il faut introduire des critères supplémentaires pour restreindre les demandes d’enregistrement d’indications géographiques, la distribution française y est tout à fait opposée en soulignant que les signes officiels de la qualité et de l’origine constituent « un pilier de la diversification de l’offre, de la segmentation du marché et du maintien de la culture alimentaire ». Faut-il par ailleurs simplifier et harmoniser les trois systèmes existant dans l’UE pour les indications géographiques (IGP, AOP et STG) ? A cette question, la FCD répond par l’affirmative en expliquant que le consommateur ne perçoit pas la différence entre une AOP et une IGP et qu’il ne connaît pas les STG. Rappelant que la provenance des principales matières premières utilisées intéresse souvent le consommateur dans le cas spécifique des AOP et des IGP, la FCD considère qu’elle pourrait constituer un élément clé qui différencie ces deux signes de qualité et qui devrait être amplement communiqué au consommateur. D’une manière générale, un important effort de communication institutionnelle en direction des consommateurs devrait avoir lieu et les logos AOP, IGP et STG devraient être revus. Les opérateurs et en particulier les distributeurs pourraient, estime la FCD, « reprendre volontairement les éléments et les supports de communication (dépliants, affiches, sites Internet, etc…) en les personnalisant afin d’amplifier l’information ». En France, par exemple, la FCD a mis en place un partenariat avec le ministère de l’agriculture qui vise à organiser un concours des meilleures animations en magasins pour les produits sous signes officiels de la qualité et de l’origine.