La mise en service de la ferme des 1 000 vaches a été malmenée par le blocus mis en place par les opposants au projet, Confédération paysanne en tête. Une réunion de conciliation organisée par le ministère de l'Agriculture a permis de sortir de la crise, mais le syndicat appelle à continuer à se mobiliser contre l'agriculture industrielle, donnant notamment rendez-vous à Amiens le 28 octobre, à l'occasion du procès de neuf de ses membres qui auraient dégradé l'exploitation laitière.
AVEC l'accueil et la traite de 150 premières vaches, la ferme dite des 1 000 vaches (Drucat, Somme) est entrée en activité le 13 septembre, dans une ambiance mouvementée. Les opposants au projet, emmenés par la Confération Paysanne, l'association de riverains Novissen et EELV (Europe Ecologie Les Verts), ont en effet bloqué le site pendant trois jours avant de lever le blocus, suite à une réunion de conciliation organisée par le ministère de l'Agriculture le 16 septembre.
DES AMÉNAGEMENTS EN LIGNE AVEC LES DEMANDES DES OPPOSANTSPour tempérer l'importance du projet, ses initiateurs ont accepté de réduire la puissance du méthaniseur qui traitera les effluents, à 0,6 megawatt au lieu de 1,338 megawatt et il sera « à 100% agricole », alimenté par les déchets animaux et la couverture végétale, a annoncé Michel Welter, le directeur de l'exploitation, le 13 septembre. Ces engagements, ainsi que la nécessité d'une demande d'autorisation auprès de l'Etat pour passer au-dessus de la barre des 500 vaches et génisses autorisées par le permis d'exploitation, ont été confirmés lors de la réunion de conciliation.
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La ferme des 1 000 vaches cristallise les oppositions à l'agriculture industrielle. Les porteurs du projet y voient un modèle d'avenir. Les six agriculteurs associés dans la SCL Lait Pis Carde, entité porteuse du projet, ont ainsi estimé dans un communiqué qu'il « apporte une des réponses d'avenir à la filière française du lait, dont 37% des exploitations ont disparu entre 2000 et 2013 ». Une vision qui n'est pas exactement soutenue par le ministère de l'Agriculture, qui n'a pu que rappeler que le projet était légal. « Ce projet (la ferme des 1000 vaches) ne correspond pas au modèle d'exploitation promu par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, dans la loi d'avenir », a toutefois déclaré Philippe Mauguin, directeur du cabinet, selon un communiqué, le 16 septembre, faisant suite à des propos de Stéphane Le Foll, qui a rappelé qu'il n'avait « pas soutenu » le projet.
APPEL À LA MOBILISATION LE 18 SEPTEMBRELa Confédération paysanne reste, elle, totalement opposée au modèle de l'agriculture industrielle. « Notre alimentation ne doit pas être produite dans des usines », clame Laurent Pinatel, son porte-parole. Pour continuer à protester, il appelle à une grande manifestation à Amiens le 28 octobre, jour du jugement des 9 membres de la Coordination paysanne poursuivis pour des faits (dégradations, démontage, recel) qui auraient été commis dans l'enceinte de la ferme des 1000 vaches en 2013 et 2014.