Un témoignage publié sur le site internet Reporterre a relancé la contestation contre la ferme des 1000 vaches, dans la Somme. Michel Ramery, son exploitant, n'avait pas attendu l'autorisation administrative pour porter son cheptel de 500 vaches à près de 800. Une vérification de la part des inspecteurs vétérinaires a confirmé le dépassement. Une mise en demeure va être lancée pour ramener le troupeau à 500 animaux. Mais Michel Ramery estime qu'il a en fait respecté l'autorisation.
Mi-juin, l'exploitant de la ferme dite des 1 000 vaches sera mis en demeure d'abaisser ses effectifs de vaches laitières à 500 vaches, « dans les plus brefs délais », annonce la préfecture de la Somme, dans un communiqué le 10 juin. Mandatés par la préfète de la Somme, des inspecteurs des installations classées ont constaté le 9 juin, un dépassement du nombre de vaches laitières autorisées. 796 vaches laitières ont été recensées sur le site qui n'est autorisé à en recevoir que 500, rapporte la préfecture.
Le dépassement de troupeau autorisé avait été mis en évidence par un témoignage publié sur le site internet Reporterre. Aussitôt, les opposants à ce type d'élevage se sont mobilisés. L'organisation de protection des animaux L21 a annoncé qu'elle allait déposer plainte pour mauvais traitement auprès du procureur de la république d'Amiens. La Confédération paysanne devait également déposer plainte, pour non-respect de la réglementation des établissements classés.
Demande d'extension refusée
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Reçu par le cabinet du ministre de l'Agriculture le 10 juin, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, s'est cependant déclaré déçu, son syndicat demandant expressément la fermeture administrative de l'établissement alors que le ministère devrait se borner à réclamer la réduction du troupeau à 500 bêtes. Selon certaines sources, la demande d'extension de cheptel déposée il y a quelques jours par Michel Ramery aurait été refusée pour vice de forme. Celui-ci conteste d'ailleurs la position du ministère. Son chef d'exploitation, Michel Welter, l'assure : « Le décret 2011-63 du 17 janvier 2011 sur les regroupements laitiers nous permettait de passer sans difficulté à 899 ». « La règle, c'est le cumul du seuil initial de 500 têtes plus deux fois le seuil dit d'autorisation, qui est de 200 têtes, moins une. C'est assez technique », a-t-il expliqué. « Et cette réglementation, qui s'applique aux installations classées comme la nôtre, les exonère d'études d'impact et d'enquête publique, à certaines conditions que nous remplissons parfaitement », a-t-il affirmé encore. Quant à l'enquête publique annoncée par le ministre en réponse à la demande d'extension, « il s'agit d'une décision purement politique et non technique », a estimé Michel Welter, sous-entendant qu'elle pourrait être contestée devant la justice.
Quant à l'inspection vétérinaire, outre le nombre d'animaux mis en évidence, elle a révélé un état corporel général satisfaisant à l'exception d'une dizaine de vaches à l'infirmerie, un nombre de boiteries manifestes faible, mais une inadaptation du système d'évacuation des effluents.