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La feuille de route du Lierre pour l’agroécologie

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Un récent recueil publié par le réseau Le Lierre appelle le gouvernement à prendre des décisions fortes en faveur des systèmes agroécologiques, « meilleurs garants » de la sécurité alimentaire. Le texte demande d’embarquer l’aval, de réduire la consommation de viande de manière « maîtrisée » et de réorienter les aides publiques.

Le réseau écologiste Le Lierre (hauts fonctionnaires, cadres de la fonction publique) a publié, le 16 octobre, un recueil de contributions de scientifiques et d’experts pour « dépasser les idées reçues » sur l’agroécologie. Selon les auteurs, la transition vers des systèmes agroécologiques est « un impératif majeur, incontournable et nécessaire » car ce sont « les meilleurs garants de la sécurité alimentaire ». Cette dernière « dépend moins de notre capacité à produire plus que de notre capacité à distribuer équitablement les productions, et à maintenir (les) agroécosystèmes fonctionnels », affirment-ils.

Ils estiment aussi qu’une réduction « planifiée et maîtrisée » de la consommation de produits animaux est « une clé de voûte » de l’agroécologie car cela permet à la fois : d’améliorer le revenu des élevages « vertueux », d’alléger le budget alimentaire des ménages (la viande coûte plus cher que les produits végétaux, NDLR) et de réallouer à l’alimentation humaine des surfaces actuellement dédiées à l’alimentation animale.

« Politiques publiques dédiées »

Les auteurs du recueil soulignent que les transitions agroécologiques sont « possibles techniquement » mais que « d’importantes transformations » sont nécessaires, non seulement du côté amont mais aussi du côté aval. « La consommation constitue un levier important sur lequel agir, mais il n’est pas le seul. Les agro-industries, les organismes de distribution (supermarchés), la restauration etc. sont des acteurs majeurs, dont le rôle doit être mieux mis en valeur et pris en compte dans les politiques publiques », écrivent-ils.

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Ils appellent également à avoir « des politiques publiques dédiées » avec « une réallocation des financements publics » vers les systèmes agroécologiques. « L’effort de finance publique n’est pas si grand au regard des coûts cachés du système alimentaire actuel pour la société (en termes de santé et d’environnement), et des coûts futurs de l’inaction », appuient les auteurs. Ils attribuent aussi « la colère d’une partie du monde agricole » non pas aux normes environnementales à respecter, mais au sentiment d’être dans « un système profondément inéquitable ».

Pour Le Lierre, l’agroécologie est un « choix politique » à assumer : « La tentation de promouvoir la co-existence de différents modèles, qui peut être politiquement séduisante pour contourner les conflits, est court-termiste : elle ne peut pas fonctionner », concluent les auteurs.

Un « choix politique » à assumer

LM