Alors que les déclarations se succèdent sur le compte pénibilité, la FGA-CFDT appelle les parties prenantes du dialogue social à faire preuve de responsabilité. Elle se félicite, à ce sujet, que les négociations commencent enfin concrètement sur le pacte de responsabilité dans le secteur de la transformation alimentaire. Il s'agit notamment de prévoir des dispositifs pour favoriser l'emploi des jeunes.
Après plusieurs mois de blocage, la situation se débloque sur la négociation du pacte de responsabilité dans la transformation alimentaire, a expliqué la FGACFDT à l'occasion d'une conférence de presse organisée le 19 janvier. Une première réunion a eu lieu le 13 janvier, sur un périmètre qui correspond à celui de l'accord du contrat de génération, finalisé en 2013 suite au contrat de filière. Ce contrat de génération, comprend des mesures destinées à favoriser l'emploi des jeunes en CDI, maintenir l'emploi ou le recrutement des seniors et faciliter la transmission des compétences et des savoir-faire. « Nous voulions absolument aller plus loin dans les engagements sur l'emploi que le contrat de génération finalisé en 2013, souligne Patrick Massard, secrétaire général de la FGA-CFDT. Les événements du début de l'année ont renforcé notre conviction qu'il est essentiel que chacun examine ce qu'il fait et ce qu'il peut faire à son niveau, notamment pour les jeunes. Nos échanges avec les employeurs des industries agroalimentaires se sont tenus dans cet état d'esprit ». Pour lui, les négociations sur le pacte de responsabilité, menées par la CFDT seule pour les salariés, se sont débloquées suite au choc des attentats qui ont secoué la France.
… ET VIGILANTE SUR LE COMPTE PÉNIBILITÉ
Seul bémol dans cette prise de conscience partagée, l'appel au boycott du compte pénibilité par certaines organisations patronales. « L'appel au boycott d'une loi entrée en vigueur, relayé notamment par Coop de France, est irresponsable dans la situation actuelle », se désole Patrick Massard. S'il convient que certains des critères qui entreront en application en 2016 posent des difficultés d'application concrète, il estime que ceux qui sont déjà entrés en vigueur (travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou en milieu hyperbare) sont simples. « Nous craignons que Coop de France ne cherche à gagner du temps en espérant que la loi tombe », explique Patrick Massard.
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SORTIR DE LA MESURE INDIVIDUELLE SANS TOMBER DANS LES RÉGIMES SPÉCIAUX
« Une des difficultés réside dans l'individualisation de la mesure, nous expliquait récemment Emmanuel Paris, directeur des affaires sociales de Coop de France. « Une mise en œuvre collective apporterait davantage de sécurité juridique aux entreprises. » (voir Agra alimentation du 8 janvier 2015). Mais sortir de la mesure individuelle risquerait d'aboutir à un système de régimes spéciaux, qui ne satisferait pas plus les employeurs. Une bonne façon de mesurer la pénibilité serait « peut-être un croisement entre des parcours individuels et des métiers », a indiqué Pierre Gattaz, président du Medef, lors d'une conférence de presse le 20 janvier. Des « commissions ad hoc » pourraient « évaluer si telle personne dans tel métier a eu un travail pénible » et surtout « amener la prévention » car « il ne faut pas qu'un salarié reste 40 ans dans le même métier lorsqu'il est très pénible » (source AFP).
Une mission a été confiée à Michel de Virville, conseiller-maître à la Cour des comptes qui avait établi le mode d'emploi du dispositif cet été, pour vérifier si les facteurs sont « applicables ». Un chef d'entreprise, Gérard Huot, et un député, Christophe Sirugue (PS, Saône-et-Loire), doivent aussi plancher sur le sujet, une mission qui s'apparente à un exercice d'équilibriste.