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Production avicole La filière avicole doit entamer « une stratégie de reconquête et de consolidation »

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Une filière « en perte de vitesse » mais avec « des atouts », serait la principale conclusion du rapport Compétitivité de la filière volailles de chair française, publié le 13 décembre sur le site du ministère de l’Agriculture. Demandé par le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, ce rapport propose cependant une série d’« actions » afin de rendre toute sa compétitivité à la filière.

«La filière volaille de chair française est condamnée à s’adapter si elle ne veut pas continuer à perdre pied. » Pierre Fouillade, contrôleur général des offices agricoles, Muriel Guillet, inspectrice générale de la santé publique vétérinaire, et Jean-Noël Ménard, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, vont droit au but. Dans un rapport intitulé Compétitivité de la filière volailles de chair française, publié le 13 décembre sur le site du ministère de l’Agriculture, ils annoncent clairement une filière française « en perte de vitesse », mais qui possède « des atouts à valoriser ». Elle doit donc entamer « une stratégie de « reconquête et de consolidation », d’autant plus que la conjoncture est porteuse. En effet, « la viande de volaille accroît régulièrement sa part sur le marché mondial des viandes et représente le tiers de la production mondiale de viande » (+3,8% de croissance ces dernières années). Dans ce contexte, si l’Allemagne a augmenté sa production de 38% et la Pologne de 86% entre 2001 et 2010, celle de la France a chuté de 20%. Écarts de compétitivité avec le Brésil et les Etats-Unis, distorsions de concurrence intra-européennes liées à des contraintes réglementaires ou fiscales, vieillissement des agriculteurs et des bâtiments... les origines de ce recul français sont nombreuses.

Des mesures pour restaurer la compétitivité

Une série de mesures afin de rendre la filière française plus compétitive est donc proposée dans le rapport : réduction des coûts d’abattage et de transformation via la robotisation, valorisation énergétique des déchets d’élevage, restructuration du secteur, obligation d’indiquer la mention d’origine des viandes... En outre, « pour réduire significativement l’écart de compétitivité avec le Brésil, le principal concurrent, la mission estime nécessaire de diminuer de 1/5 le coût de production en élevage ». Pour atteindre cet objectif, « une étude de conception et de modélisation de l’exploitation avicole de demain » confiée à « un groupe pluridisciplinaire d’experts spécialistes de la filière avicole : économiste, techniciens, chercheurs, énergéticiens » semble indispensable. « Cette étude aboutirait, entre autres, à la conception d’un nouveau bâtiment avicole » afin d’« élaborer un plan de modernisation des bâtiments, soutenus par l’Etat ».

Dinde et poulet, des marchés à préserver

« La défense et la reconquête du marché intérieur du poulet doit être une priorité stratégique », soulignent aussi les rapporteurs. Dans ce sens, « il faut d’abord consolider les positions fortes sur le marché du poulet entier et des découpes labellisées en limitant le nombre de labels aux plus importants, sans toutefois le limiter à un seul. » De plus, le maintien des restitutions par l’Union européenne « pour quelques années encore » doit être défendu par la France, même si une stratégie alternative existerait en cas d’échec. « Pour la filière dinde, il faut prendre les moyens de consolider ses positions actuelles et de préparer à moyen terme un éventuel développement. » Dans ce sens, réorienter la génétique française vers des races lourdes pour augmenter le rendement « filet », reclasser les viandes séparées mécaniquement (vsm) de haute qualité et lutter contre l’histomonose, maladie parasitaire des gallinacés, sont des priorités. Par ailleurs, comme pour la viande bovine, les distorsions de concurrence avec l’Allemagne, en matière de TVA agricole et de coûts salariaux dans les entreprises d’abattage et de transformation, sont abordées. À ce sujet, les rapporteurs demandent explicitement aux pouvoirs publics de « saisir la Direction de la concurrence de la Commission européenne ».

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