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La filière bois-forêt finalise sa feuille de route

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Semaine chargée pour la filière bois : en deux jours, elle aura signé le Contrat d’objectifs et de performance de l’Office national de la forêt et vu le Programme national de la forêt et du bois présenté par Stéphane Le Foll devant le Conseil supérieur de la forêt et du bois. L’ambition ? Stimuler la production, gérer les ressources et utiliser les atouts de la forêt dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

Adopté en conseil d’administration le 17 décembre dernier (1), le Contrat d’objectifs et de performance (Cop) 2016-2020 de l’Office national des forêts (ONF) a été signé le 7 mars, au ministère de l’Agriculture par l’État, la Fédération nationale des communes forestières et l’ONF. Une signature qui clôt une année de négociations tendues entre les différentes parties prenantes, alors que le ministre de l’Agriculture avait mis un terme au précédent Cop un an avant la fin de l’échéance prévue.

Un Contrat d’objectifs qui fait consensus

Autour de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, la secrétaire d’État chargée de la biodiversité Barbara Pompili et le secrétaire d’État chargé du budget Christian Eckert, se sont félicités de la conclusion d’un Cop qui définit « la feuille de route de l’établissement pour les cinq années à venir » et « trace des perspectives ambitieuses mais réalistes sur la mobilisation du bois au service de l’ensemble de la filière, tout en préservant le caractère durable et multifonctionnel de la forêt publique française ». Ce Cop réaffirme les missions de service public de l’ONF, prend en compte les enjeux environnementaux (biodiversité, changement climatique), prévoit une mobilisation de 15M m3 de bois par an à l’horizon 2020, mise sur le développement des ventes de bois façonné et impose à l’ONF de réduire son endettement. Christian Eckert a assuré que « l’ONF pourra compter sur un soutien pérenne de l’État ». Le Cop2016-2020 prévoit d’ailleurs la fin de l’érosion du personnel, après quinze ans de réduction des effectifs (-22 % entre 2001 et 2015). Après une stabilisation à 9 113 salariés en 2016, l’ONF comptera 9 313 personnes en 2020, l’augmentation s’appuyant intégralement sur des emplois aidés.

Dominique Jarlier, président de la Fédération nationale des communes forestières, s’est dit rassuré de voir qu’« aucune contribution financière supplémentaire » ne sera demandée aux communes. Christian Dubreuil, directeur de l’ONF, venu représenter le président Jean-Yves Caullet, a assuré que l’ONF était prête à se réformer, en réduisant ses coûts de fonctionnement et en tenant compte de la réforme territoriale. Reste désormais à l’ONF à décliner le Cop dans un projet stratégique qui, Christian Dubreuil l’espère, fera consensus avec les organisations syndicales qui avaient rejeté le contrat.

Un Programme national qui mise sur la stimulation de la production

Le lendemain, 8 mars, Stéphane Le Foll présentait le Programme national de la forêt et du bois (PNFB) devant le Conseil supérieur de la forêt et du bois (CSFB). Ce programme « définit les orientations de politique forestière pour les dix prochaines années », indique le communiqué du ministère. Il s’agit de « créer de la valeur dans le cadre de la croissance verte, en gérant durablement la ressource disponible », « répondre aux attentes des citoyens et s’intégrer dans les projets de territoires », « conjuguer atténuation et adaptation des forêts françaises au changement climatique », « développer des synergies entre forêt et industrie en trouvant des débouchés aux produits forestiers ». Le programme, précise le ministère, sera transmis à l’autorité environnementale et « soumis à l’avis du public ». Stéphane Le Foll a profité de la réunion du CSFB pour rappeler aux différents acteurs l’objectif de « doter le fonds stratégique de la forêt et du bois d’au minimum 100 M€ ».

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L’interprofession France Bois forêt s’est félicitée de l’adoption de ce plan qui vise « à développer les synergies entre la forêt et l’industrie ». Le PNFB doit « favoriser l’organisation de la filière » qui génère environ 440 000 emplois directs et indirects et compte « au cours des prochaines décennies, participer à la création de nouveaux emplois de qualité et de valeur, ancrés dans le territoire français », conclut le communiqué de France bois forêt.

(1) voir interview de Christian Dubreuil dans Agra Presse n°3525/26 du 21 décembre 2015

« L’ONF pourra compter sur un soutien pérenne de l’État » affirme Christian Eckert

Filière bois : des exportations en hausse de 3 % en 2015 par rapport à 2014

Les exportations de la filière bois française (bois, pâte à papier, liège, etc.) progressent de 3 % avec un montant de 9,3 milliards d’euros, selon une note de conjoncture d’Agreste en date du 7 mars. Le niveau des importations reste tout de même de 15 milliards, induisant une balance commerciale déficitaire de 5,7 milliards d’euros. « La balance commerciale de la filière bois confirme sa tendance à l’amélioration amorcée en 2012 », analyse Agreste. « Le solde des meubles et sièges en bois, traditionnel poids lourd du déficit se redresse avec une augmentation des exportations », continue Agreste. Pour les bois, les exportations de feuillus continuent d’augmenter face à celles des conifères qui reculent, selon Agreste.