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Colloque national biomasse La filière Forêt-bois reste vigilante

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Alors qu’une future « loi d’avenir » pour l’agriculture et la forêt se profile, les professionnels des filières bois, forêt et bois-énergie restent sur leurs gardes. La branche bois-énergie du Syndicat des énergies renouvelables n’a pas manqué de pointer quelques signaux inquiétants, lors du colloque national biomasse les 25 et 26 juin.

«Il y a des incertitudes, certes, mais je voudrais porter un message d’optimisme », a lancé Cyril Le Picard, président de France Biomasse énergie, FBE, la branche biomasse du Syndicat des énergies renouvelables (SER), le 25 juin, au premier jour du colloque national sur la biomasse organisé à Paris. L’intérêt de la biomasse comme source d’énergie est désormais reconnu par les pouvoirs publics, des objectifs nationaux et européens sont fixés, et les filières sont soutenues. Mais les filières forêt et bois s’inquiètent de certains signaux, ont précisé les représentants du SER.

Soutenir le bois dans la construction

D’abord, il y a la mauvaise nouvelle du 24 mai dernier : FBE juge « inadmissible » la décision du Conseil constitutionnel, qui a récusé l’obligation d’incorporer un minimum de bois dans les constructions nouvelles. Or, il y a bien un lien entre le bois de construction, le bois d’œuvre (« la vraie richesse ») et le bois-énergie, revenu secondaire de la forêt, a précisé Cyril Le Picard. Pour rétablir la situation, FBE prépare un article qui pourrait figurer dans la future loi d’avenir pour l’agriculture et la forêt.
Côté bois-énergie, le sort qui sera réservé au fonds chaleur en période de restriction budgétaire est incertain. Le SER plaide pour un doublement de l’enveloppe, mais aussi pour un fonds de mobilisation de la biomasse.

Qualité de l’air contre bois-énergie

Côté chauffage au bois, « on est dans une démarche de renforcement des normes en termes d’émissions (notamment de particules) mais aussi des normes sur les combustibles » qui peuvent être utilisés ou non, s ‘inquiète le syndicat. Les discussions sont compliquées, aujourd’hui, autour de l’utilisation de bois de récupération (potentiellement traité) par les chaufferies. En effet, au titre de la pollution sur l’air (pour laquelle la menace pèse d’un futur contentieux européen) , le ministère de l’Ecologie réfléchit à l’interdiction d’utilisation de bois de récupération (palettes, bois d’emballage…). Or « une partie de cette ressource n’est pas traitée et ne pose donc aucun problème de pollution », insiste le SER.
Quant au biogaz, c’est une demande de simplification des démarches administratives pour la réalisation d’unités, mais aussi une révision des tarifs d’achat de l’électricité et une stabilité réglementaire, que demande le SER, ainsi que la normalisation des digestats.

Les forestiers regardent du côté des GIEE

Enfin, pour pallier le problème du morcellement de la propriété, l’une des causes identifiées de l’insuffisante mobilisation de la ressource en bois, « Nous proposons un système qui permette de rassembler les petites propriétés forestières », a expliqué Cyril Le Picard, président de France biomasse énergie. Un système qui permettrait aux propriétaires optant pour un regroupement de bénéficier de déductions d’impôts. Ce dispositif pourrait s’inscrire dans les futurs GIEE. Mais si le principe a été approuvé par le ministre de l’Agriculture, rapporte Cyril le Picard, « Bercy nous suivra-t-il ? » s’inquiète le syndicat. L’issue de toutes ces négociations est encore incertaine.

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