Les acteurs du monde agricole britannique s’inquiètent des conséquences du Brexit pour la filière fruits et légumes anglaise, particulièrement la production de baies, pommes et concombres. Les producteurs, qui emploient majoritairement des saisonniers étrangers pour la cueillette, pourraient se retrouver en pénurie de main-d’œuvre, indique le quotidien britannique The Guardian.
Le syndicat National Farmers’Union (NFU) et l’industriel British Summer Fruits (BSF) tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences du Brexit sur les filières des baies, pommes et concombres. Pour le directeur de BSF Laurence Olins, la filière des baies repose à « 100 % sur la main-d’œuvre européenne », car selon lui, les Britanniques « ne veulent pas se lever à 6 heures du matin et travailler à quatre pattes toute la journée », rapporte The Guardian. Limiter l’entrée de travailleurs étrangers reviendrait ainsi à mettre un terme à la culture de baies en Angleterre, estime BSF. Une condamnation d’une filière d’autant plus déplorable que l’industrie anglaise des fraises, framboises et myrtilles qui, il y a quinze ans encore, avait massivement recours aux importations, se fournit désormais entièrement sur le marché national entre les mois de mai et octobre.
Des mesures urgentes
Pour Ali Capper, responsable de la section horticulture du NFU, « les travailleurs non-britanniques sont vitaux ». Le syndicat demande au gouvernement de mettre en place, au plus vite, des mesures spécifiques pour assurer l’accès des travailleurs migrants en Angleterre. Car même si la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne n’est pas encore effective, les horticulteurs ont besoin de visibilité à dix ans pour gérer leurs vergers, selon le NFU. Le syndicat indique que sans l’assurance de pouvoir recourir à de la main-d’œuvre étrangère, les producteurs, notamment de pommes, ne planteront plus.
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Pour les professionnels de l’agriculture britanniques, la pénurie de main-d’œuvre étrangère aurait des conséquences plus larges encore. Car les producteurs de fruits et légumes ne semblent pas prêts à se réorienter vers d’autres productions du type pommes de terre ou céréales qui peuvent être récoltées de façon mécanisée. « Ce sont des spécialistes », indique Laurence Olins. Ils choisiront probablement de maintenir leur activité, mais de partir s’installer en France ou dans d’autres États de l’Union européenne, prédit-il.
Les producteurs de fruits et légumes ne semblent pas prêts à se réorienter vers d’autres productions