Pour sa première audition parlementaire comme ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili est restée en terrain connu. Souriante et confiante face à ses anciens collègues de la commission du Développement durable, dont elle est présidente depuis 2017, la nouvelle ministre n’a cependant pas pu échapper à l’un des dossiers épineux de la rentrée : les néonicotinoïdes.
« Nous avons échoué collectivement », a résumé Barbara Pompili, interrogée sur la dérogation accordée au secteur betteravier dont l’examen devrait débuter à l’Assemblée le 5 octobre. Un aveu d’autant plus marquant que l’interdiction de ces molécules avait été prévue par la loi biodiversité de 2016, portée par Barbara Pompili elle-même sous le gouvernement Hollande.
Les questions de ses collègues ont donné l’opportunité à Barbara Pompili de faire un bilan de la mise en œuvre du texte. Première raison de l’échec de l’interdiction, selon la ministre : le manque de volonté des betteraviers. Afin d’éviter les impasses constatées en betterave, « il fallait que la filière suive, mais elle n’a pas suivi. Elle a sa part de responsabilité, c’est très clair », a dénoncé la ministre.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le gouvernement n’échappe pas non plus à la critique : « Il y a eu une inertie claire », a jugé Barbara Pompili. Alors que les alternatives manquent pour les planteurs, Barbara Pompili considère également que « la recherche n’a pas été suffisamment " drivée " ». Reconnaissant sa « part de responsabilité », la ministre a souligné que la commission du Développement durable, dont elle était présidente à l’époque, n’a pas exercé sa mission de contrôle à la suite du rapport parlementaire de juin 2018 sur l’application de la loi biodiversité.
Devant les députés, la ministre a enfin rappelé sa volonté ferme de circonscrire le texte en cours à la betterave. « C’est moi qui signerai les arrêtés aux côtés de Julien de Normandie, et aucune autre dérogation ne sera accordée. Je sais que ce n’est pas encore dans le texte, mais je suis certaine que le travail parlementaire saura l’enrichir », a lancé la ministre.