Abonné

Interprofession porcine La filière porc veut relancer la marque VPF

- - 4 min

Créée en 1998 dans un contexte de crise sanitaire, la marque VPF (viande porcine française) est aujourd’hui l’étendard de producteurs qui craignent pour l’avenir de leur filière. Si la campagne publicitaire de relance de la marque est financée par les éleveurs, les abatteurs-découpeurs et la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) s’associent à la démarche. Les trois professions déplorent l’absence des industriels de la salaison.

Au terme de trois années de crise, la filière porcine est inquiète. « Nous avons de gros soucis de compétitivité. Il y a urgence à sa mobiliser », explique Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). « Si la France n’a plus d’éleveurs, elle devient dépendante de l’extérieur et la transparence concernant la traçabilité ne sera peut-être plus la même », complète Marcel Corman, président de la filière porcine de Coop de France bétail et viande.
A l’origine, c’est bien pour assurer la traçabilité et le respect d’un cahier des charges précis, de l’alimentation animale à la distribution que VPF a été créée (d’abord avec un cahier des charges en 1998, puis sous forme de marque en 2001). Les animaux doivent ainsi être nés, élevés, abattus, découpés et transformés en France. Et pour qu’un produit soit estampillé VPF, tous les opérateurs de la filière doivent l’être.
Aujourd’hui, la filière porcine entend asseoir la marque sur des valeurs plus humaines pour séduire les consommateurs et les inciter à soutenir la filière en achetant français. D’où le slogan retenu : « Y a pas à tortiller, ils sont forts nos éleveurs de porc ». Pour les éleveurs, c’est la survie de la filière qui est en jeu. Face à l’Allemagne et l’Espagne, qui profitent d’un coût de main d’œuvre beaucoup plus bas que la France. Face au Danemark et aux Pays-Bas également, champions de l’exportation. « Notre devenir est étroitement lié à celui de la production », précise pour sa part Thierry Meyer, représentant des abatteurs-découpeurs.

La charcuterie salaison aux abonnés absents
Outre la campagne de publicité en PQR pendant le salon de l’agriculture, le succès de la démarche pourrait venir de l’association des abatteurs découpeurs et de la distribution à la démarche. « Je suis assez positif sur la possibilité d’associer la restauration collective à la démarche », ajoute Jean-Michel Serres. Ne manquent que les entreprises de charcuterie salaison… qu’il invite à rejoindre le dispositif. Un souhait partagé par Jérôme Bédier, président de la FCD : « Nous souhaitons que l’industrie de la salaison rejoigne le mouvement ». « Si on mobilise les consommateurs, les industriels seront obligés d’utiliser la marque VPF. La grande distribution va nous aider dans ce sens », complète Jean-Michel Serres. Un enjeu de taille puisque l’industrie de la charcuterie salaison transforme 75 % de la production française (25 % sont commercialisés sous forme de viande fraîche). « Sur les 2 millions de tonnes produites par an en France, 600 000 sont exportées. Mais l’industrie de la charcuterie salaison importe dans le même temps 500 000 tonnes. Nous sommes tributaires des marchés internationaux », précise Thierry Meyer.

Un outil marketing pour la grande distribution
Pour la grande distribution, s’associer à la démarche permet de mieux répondre aux attentes des consommateurs soucieux de l’origine des produits. Car si 98 % de la viande de porc fraîche commercialisée dans les enseignes respecte le cahier des charges VPF, l’identification par le logo n’est pas systématique. « Seules 25 % de nos ventes sont siglées VPF, alors que la quasi-totalité respecte le cahier des charges », explique Thierry Meyer, représentant des abatteurs-découpeurs. « Certains ne souhaitent pas communiquer sur VPF alors qu’ils respectent le cahier des charges. » Un produit comme le jambon blanc (180 000 tonnes commercialisées) utilise déjà largement la marque VPF. « 55 % des ventes de jambon blanc sont réalisées sous MDD, dont 90 % portent le logo VPF », précise Jérôme Bédier. Ce qui monte à 85 % la part de jambon blanc siglé VPF. « Sur le rôti de porc cuit ou le jambon sec en revanche, nous pouvons progresser. » La grande distribution promet l’apposition de stickers qui doivent rendre le logo plus visible en linéaire ainsi que sa valorisation dans les catalogues.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.