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Filières végétales La flambée des cours des céréales provoque l’inquiétude pour l’élevage

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Recevant le 19 juillet les représentants des filières végétales, 9 au total, des grandes cultures aux fruits et légumes, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll s’est montré inquiet pour la santé économique des élevages. En ligne de mire, la hausse des matières premières agricoles, et en particulier des céréales et des oléoprotéagineux. Des solutions sont proposées par les représentants des producteurs de grandes cultures, notamment au travers de la contractualisation inter filières ou du renforcement de la compétitivité.

Une délégation de représentants des filières végétales emmenée par Xavier Beulin, président de la FNSEA, a rencontré le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, le 19 juillet. Réunissant pour la première fois l’ensemble des acteurs du végétal en France, des grandes cultures aux fruits et légumes en passant par la viticulture, les représentants ont trouvé un ministre à l’écoute de leurs préoccupations. Cependant, Stéphane Le Foll s’inquiéterait sérieusement de la santé économique des élevages français face à la montée des cours des céréales.

La contractualisation à nouveau mise en avant
« L’équilibre entre l’approvisionnement des élevages et la montée des cours des céréales et des oléoprotéagineux faisait partie des grands sujets évoqués aujourd’hui », explique Christophe Terrain, président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Selon lui, si aujourd’hui 30 à 40% des céréales sont vendues avant récolte par les agriculteurs, les proportions d’achat précoce ne sont pas les mêmes dans la nutrition animale. Christophe Terrain explique ainsi que les producteurs de grandes cultures concèdent généralement à ne pas vendre l’ensemble de leurs récoltes aux prix maximum offerts par le marché en s’assurant un prix moyen, notamment en engageant la livraison de leurs productions à l’avance. « Les fabricants d’aliments pour le bétail ont tendance à se positionner sur le spot (prix à un moment donné sur le marché, ndlr) et à acheter en flux tendus », déplore Christophe Terrain. Pour lui, seule la contractualisation sur des périodes plus longues entre les filières animales et végétales permettra d’éviter les déséquilibres économiques dont sont aujourd’hui victimes les éleveurs. Le ministre serait intéressé par le système des contrats interfilières, sujet qui pourrait être discuté lors de la conférence agricole qu’organiserait Stéphane Le Foll pour réunir l’ensemble des acteurs de l’agriculture française, en septembre prochain.

La compétitivité en question
Les représentants ont aussi saisi l’occasion de cette rencontre avec le ministre pour évoquer les soucis qu’ils rencontraient dans leurs filières. Pour les grandes cultures, le sujet de la compétitivité vis-à-vis des partenaires, mais aussi concurrents européens, est au centre des préoccupations. Interpelé sur le récent abandon des projets de décrets facilitant la création de retenues collinaires en agriculture par la ministre de l’Environnement, Delphine Batho, Stéphane Le Foll aurait accepté l’idée selon laquelle ces techniques sont des solutions d’avenir, selon Christophe Terrain. Sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), il a aussi déclaré que le ministre de l’Agriculture se serait prononcé en faveur de cultures OGM tolérantes aux stress hydriques par exemple, par opposition aux OGM insecticides. De son côté, Gérard Tubéry, président de la Fédération française des producteurs d’oléoprotéagineux (Fop), a souligné, devant le ministre, les enjeux concernant l’indépendance française en protéines végétales pour l’élevage. Selon lui, « la baisse des disponibilités en protéines végétales en provenance des Amériques expose les éleveurs à la volatilité des cours ». Pour Gérard Tubéry, il faut investir dans la recherche, notamment variétale, afin de produire davantage de protéines végétales, compétitives vis-à-vis des importations, sur notre territoire. Enfin, les producteurs de blé, en la personne de Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), ont rappelé au ministre le besoin de maintenir la compétitivité des filières céréalières françaises. Cette compétitivité dépendrait notamment de la prochaine Pac sur laquelle l’AGPB demande au ministre d’être vigilant. Les inquiétudes portent notamment sur les distorsions de concurrences qu’engendreraient des niveaux différents d’allocation de droits à paiements uniques entre les producteurs allemands et français de céréales.

Pour toute photo supplémentaire : Rodolphe de Céglie, tél : 06 98 98 98 71

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