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Élevage de bovins La FNB demande des reports d’annuités pour tenir à court terme

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La Fédération nationale bovine (FNB) demande à l’État d’accorder aux éleveurs de bovins des reports d’annuités pour tenir à court terme. Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB, a indiqué le 6 juillet que les éleveurs en sont au point où beaucoup d’entre eux ne pourront pas bénéficier de la proposition des banques de leur faire une avance de 700 millions d’euros, pour passer le cap de la sécheresse.

La FNB demande à l’État que les annuités soient « reportées en fin de tableau », sinon l’an prochain ils auraient à payer une somme qu’ils ne pourraient pas rembourser, a déclaré son secrétaire général, Jean-Pierre Fleury, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 6 juillet. La situation financière d’un grand nombre d’éleveurs de bovins ne leur permet pas d’obtenir des garanties bancaires, même si les banquiers ont déjà prévu de gager les aides Pac que les éleveurs recevront à l’automne, a-t-il alerté. Conséquence : les éleveurs n’utilisent pas l’avance de 700 millions d’euros proposée au printemps par les banques. « Si l’on était dans une situation normale, les 700 millions d’euros seraient déjà utilisés », a commenté Jean-Pierre Fleury.

« Comment rester paysan dans un an ? »

La situation financière des éleveurs de bovins est telle que leur obsession se pose en ces termes : « Comment rester paysan dans un an ? », a témoigné Jean-Pierre Fleury. Avant même la sécheresse, les éleveurs de bovins ont commencé à décapitaliser leur cheptel. Les statistiques montrent que le rythme des abattages s’est accéléré depuis le début de l’année. « Les éleveurs ont besoin de refaire leur trésorerie. Si les éleveurs cèdent leur bétail, c’est pour payer les factures de leurs exploitations. La question est : “Comment je payerai tout ce que j’achète ?” », a-t-il relaté.
Or, cette année est marquée par des surcoûts : hausse des prix des aliments composés, paille plus chère, prix de l’énergie plus élevé que l’an dernier. Le transport de paille est quatre fois plus important que les années habituelles.
Le coût de l’aliment pour les bovins s’est envolé de 28 à 30% en un an. Ce surcoût renchérit le kilo de carcasse de 50 centimes. Soit une hausse de 16% qu’il faudrait répercuter sur les étals. Mais, pour répercuter la hausse des prix des carcasses au détail, il faudrait que l’accord-cadre du 3 mai, visant la répercussion des prix des matières premières sur les produits des élevages au détail, comme la viande dans les magasins, soit négocié localement entre les organisations de producteurs, les abatteurs et les enseignes de distribution. Ce qui n’est pas encore fait.

Exporter ou redimensionner le troupeau 

Pourtant, c’est bien par leurs prix de vente et non par les primes que les producteurs veulent améliorer leur situation financière. Le secrétaire général de la FNB estime que les éleveurs pourraient être plus offensifs pour augmenter leurs prix : « Dites-moi qui ne cherche pas à monter ses prix, en dehors des éleveurs ? ».
Pour doper les cours, l’exportation vers les pays tiers est indispensable, sous peine de se voir contraint un jour de « redimensionner le troupeau » à la baisse. Il faut « trouver de nouveaux marchés pour sortir de la spirale des prix bas en France », et pour cela il faut « changer d’approche commerciale ». « Les Allemands nous disent : “nous, nous chassons en meute”. On aurait tort de penser qu’on est plus fort tout seul en ayant mangé le collègue », a poursuivi Jean-Pierre Fleury, appelant à une activation des restitutions à l’exportation vers les pays tiers.

Bruxelles : « A côté de la plaque ! »

Jean-Pierre Fleury a par ailleurs évoqué les discussions du groupe de haut niveau pour l’élevage bovin réuni à Bruxelles, et dont Dacian Ciolos, commissaire à l’agriculture doit remettre les conclusions au conseil des ministres de l’Agriculture le 18 juillet. Dans leurs discussions avec le groupe de haut niveau, les responsables de la FNB ont attiré l’attention des experts sur la nécessité de « redonner de l’autonomie aux exploitations », en leur permettant de retourner librement leurs prairies en cultures, pour sortir de la « sanctuarisation de l’herbe ». Les dirigeants de la FNB avancent que s’ils obtiennent des facilités pour retourner leurs prairies, ils ne négligeront pas d’implanter des légumineuses, plantes qui ont la capacité d’absorber l’azote de l’air et de fertiliser le sol en nitrates. De plus, Jean-Pierre Fleury a rappelé le côté obsolète des outils de gestion de marché (déclenchement du stockage à 2,29€/kg carcasse et de l’intervention publique à 1,50€/kg). « Bruxelles manque de réactivité et n’a plus les outils adaptés pour avoir une vision instantanée de l’agriculture », affirme-t-il.

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